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Après l'Afrique du Sud, les Seychelles, l'Angola et le Mozambique, le Botswana décriminalise l'homosexualité

Après l'Afrique du Sud, les Seychelles, l'Angola et le Mozambique, le Botswana décriminalise l'homosexualité

Historique. La justice du Botswana a supprimé, mardi 11 juin, l’interdiction de l’homosexualité en vigueur dans le pays. Cette décision était très attendue sur l’ensemble du continent africain, après le refus, en mai, de la Haute Cour du Kenya d’abroger les lois réprimant les relations homosexuelles, qui avait douché les espoirs de la communauté continentale.

Les clauses du code pénal du Botswana relatives aux relations entre personnes du même sexe sont « des reliques de l’ère victorienne » qui « ne sont plus viables », a déclaré le juge Michael Leburu, de la Haute Cour à Gaborone. Elles « oppressent une minorité » et « ne passent pas l’épreuve de la constitutionnalité », a-t-il ajouté, indique l'AFP.

La Haute Cour avait été saisie sur cette question par une personne anonyme – identifiée par les seules initiales « LM » pour des raisons de sécurité – qui contestait le code pénal. Le texte en vigueur depuis 1965 prévoyait des peines pouvant aller jusqu’à sept ans de prison.

La législation antigay « limite les interactions que je peux avoir avec des personnes qui s’identifient de la même manière que moi, car je crains d’être emprisonné », avait expliqué en mars « LM », le requérant.

Le représentant de l’Etat avait, lui, estimé que la population du Botswana n’était pas prête à un changement d’attitude vis-à-vis de l’homosexualité, disant argumenter au nom de la « moralité publique ». Les relations homosexuelles ont lieu « dans un espace privé » donc elles « ne peuvent pas avoir d’impact sur la moralité publique », a tranché le juge Leburu mardi.

Depuis ces dernières années, le Botswana est devenu progressivement plus tolérant à l’égard de l’homosexualité. En 2016, un tribunal avait tranché en faveur des militants de Legabibo, qui dénonçaient le refus du ministère de l’intérieur d’enregistrer leur association.

L’an dernier, le président Mokgweetsi Masisi avait regretté que dans son pays « beaucoup de personnes entretenant des relations avec des personnes du même sexe (…) aient été agressées et aient souffert en silence ». « Tout comme les autres citoyens, elles méritent que leurs droits soient protégés ».

Notons que l’homosexualité reste illégale dans plus de la moitié des pays subsahariens.