C’est reparti, après le stress au travail qui pouvait pousser des individus à « devenir gay », avancé il y a quelques semaines par le ministre malaisien des affaires religieuses, c’est désormais le fait de porter des écouteurs qui serait susceptible de modifier l’orientation sexuelle.
Un commentateur américain proche de la mouvance pro-Donald Trump suscite depuis plusieurs jours stupeur et moqueries en affirmant sur les réseaux sociaux que les écouteurs « rendent les hommes homosexuels », en s’appuyant sur une interprétation erronée d’une étude scientifique européenne.
Le 24 février, Ian Miles Cheong, suivi par plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur la plateforme X, a relayé des extraits d’un rapport néerlandais consacré à la présence de substances chimiques dans différents modèles d’écouteurs vendus en Europe. Selon lui, ces produits pourraient provoquer une « féminisation des mâles » et, par conséquent, influencer leur orientation sexuelle.
L’étude citée analyse la présence de perturbateurs endocriniens et d’additifs potentiellement dangereux dans 81 modèles commercialisés en Europe. Ses auteurs évoquent des « risques pour la santé » liés à l’exposition répétée à certaines substances, parmi lesquels figurent notamment les troubles hormonaux ou reproductifs. En revanche, le rapport n’établit aucun lien avec l’orientation sexuelle.
L’affirmation a rapidement circulé, générant une vague de réactions hilares, ironiques et critiques, aucune donnée scientifique reconnue ne permettant d’affirmer qu’un objet de consommation puisse modifier l’orientation sexuelle d’une personne.
Les principales organisations scientifiques internationales considèrent depuis plusieurs décennies que l’homosexualité constitue une variation naturelle de la diversité humaine. Les théories suggérant qu’elle pourrait être « provoquée » par des facteurs environnementaux ou chimiques relèvent de mythes, régulièrement recyclés par les milieux complotistes.
Au-delà de la polémique, met en évidence la simplicité avec laquelle une interprétation biaisée d’une œuvre scientifique peut être détournée pour servir un discours idéologique et largement propagée. Des propos qui maintiennent des images stigmatisantes et détournent l’attention des véritables problématiques de santé publique soulevés par l’étude initiale, qui portait exclusivement sur la sécurité des matériaux utilisés dans des produits de grande consommation.
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