Versailles : Un pâtissier devant le tribunal correctionnel pour avoir harcelé son collègue homosexuel

Versailles : Un pâtissier devant le tribunal correctionnel pour avoir harcelé son collègue homosexuel

Un homme de 43 ans a été jugé ce lundi pour harcèlement moral. Il est soupçonné d’avoir maltraité un homosexuel avec lequel il travaillait dans une boulangerie de Versailles, indique "Le Parisien".

La victime, Willy, arrivait le premier, préparait les viennoiseries. Puis Michel prenait la suite pour mettre au four et cuire les préparations destinées à devenir des croissants, pains aux chocolats et autres délices du matin. Au total, 30 personnes, pâtissiers, boulangers et serveurs travaillent dans l’entreprise. Michel est connu pour sa gentillesse, sa bonne humeur. Mais aussi pour son franc parlé et la lourdeur de ses « plaisanteries ».

Willy est un garçon discret mais qui ne cache pas son homosexualité. Il est aussi incapable de répondre aux propos agressifs et garde tout pour lui : « Il voyait bien que je me mettais à pleurer, souffle-t-il à la barre. Pourtant, j’aimais mon métier. Et j’étais obligé de m’arrêter sur l’autoroute pour pleurer ».

Le jeune homme déjà fragilisé par le décès de sa mère, va multiplier les arrêts maladie et sombrer dans une dépression qui est attestée par les certificats des médecins qui estiment qu’elle est le résultat d’une situation de harcèlement au travail. L’avocate de la victime estime « qu’il faut dans le monde du travail apprendre à accepter les différences et qu’il ne faut pas les stigmatiser ».

Michel reconnaît qu’il a mauvais caractère mais soutient qu’il n’est pas homophobe et qu’il n’a jamais harcelé son collègue. Il assure l’avoir insulté une fois parce qu’il était mécontent de son travail. Et un témoin rapporte un second propos homophobe. Son avocate, Me Frédérique Thuillez, a plaidé pour une requalification des faits car elle estime que si son client a bien insulté son collègue, il ne l’a pas harcelé.

Le procureur a requis contre lui une peine de 8 mois de prison avec sursis et 1 000 € d’amende. Le jugement a été mis en délibéré au 28 septembre.

Julien Constant