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Tribunal correctionnel de Paris : Christine Boutin poursuivie pour « propos homophobes »

Tribunal correctionnel de Paris : Christine Boutin poursuivie pour « propos homophobes »

Dans une interview fleuve accordée au magazine Charles, l'ancienne présidente du Parti Chrétien Démocrate, farouche opposante au mariage pour tous et bien connue pour ses positions conservatrices, déclarait « Je n'ai jamais condamné un homosexuel. L'homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. »

Une terminologie qui lui aura été malencontreusement inspirée par les termes de la Bible selon lesquels « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. » (lévitique 18:22) et « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux » (lévitique 20:13), nous rappelait Me Etienne Deshoulières, qui représente l'association Mousse, également partie civile.

Plainte-10042014 Comme vous, nous avons été choqués par ces déclarations, et nous vous avons invité à vous manifester en rejoignant le groupe « Je dépose plainte contre Christine Boutin » lancé à l'initiative d'Isabelle Bonal, notre amie citoyenne et militante, qui a d'ailleurs cumulé plus de 10.000 plaintes.

N'oublions pas que de nombreux Etats dans le monde pénalisent encore aujourd’hui l’homosexualité, qu'elle y est passible d'emprisonnement, de torture et même de la peine de mort. C'est pour cette raison que nous avons réclamé la condamnation de ces propos.

« Madame Boutin a un devoir d'exemplarité »

Malgré des années de pratique, c'est la première fois que Christine Boutin fait l'objet d'une plainte. La première fois qu'elle est convoquée sur le propos de l'homophobie.

Selon les articles 32 et 33 de la loi du 29 juillet 1881, dite loi sur la presse, "Sera punie la diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap. »
La loi interdit donc de montrer du doigt un individu en raison de son homosexualité. Mais en précisant "pas la personne », Christine Boutin essaye d'échapper aux sanctions. Ce tour de passe-passe peut-il fonctionner?

« Mme Boutin se met dans une position où elle pourrait échapper aux sanctions... », commentait Me Lasry sur l'Express. Il appartiendra néanmoins au parquet et éventuellement à la juridiction saisie de déterminer l'interprétation faite de ces deux articles.

Ainsi, bien que « son renvoi sur citation en correctionnelle, signifie en filigrane que le parquet partage notre avis », insistait notre conseil Maitre Asmar, rien n'est encore gagné.
Selon Me Etienne Deshoulières, qui représente l'association Mousse, également partie civile, « l'homosexualité est une abomination », est une terminologie qui lui a été malencontreusement inspirée par les termes de la Bible selon lesquels « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. » (lévitique 18:22) et « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux » (lévitique 20:13).

Madame Boutin risque jusqu'à un an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende

Certains d'entre vous ont ainsi décidé de manifester « pacifiquement » le 23 octobre prochain, devant le tribunal correctionnel de Paris, "contre l'homophobie en général et pour la poursuite des démarches politiques d'ouverture des droits LGBT ».
Encore une fois, il ne s'agit pas de provoquer, notamment les Tribunaux, surtout si vous souhaitez assister à l'audience publique. Ce n'est pas un "spectacle » et les dérapages pourraient bien compromettre le bon déroulement de la procédure.

Une mobilisation étant organisée, avec l'accord de la préfecture de Police, nous vous invitons plutôt à vous rassembler, ce vendredi de 13h à 16h Place du Châtelet à Paris, en soutien aux plaignants et aux associations.

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