Filmé en train d’insulter des manifestants en marge d’un rassemblement le 17 octobre, le responsable du restaurant Au Bon Graillou, au marché Victor-Hugo de Toulouse, a été licencié. Une salariée apparaissant également dans la vidéo a elle aussi été écartée de l’établissement. Le responsable a présenté ses excuses. L’association des commerçants condamne les propos, tandis que STOP homophobie examine l’opportunité d’une action en justice.
La vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux, montre le responsable de l’établissement apostrophant des manifestants depuis un balcon. « Gauchos de merde. Vive Zemmour ! Qu’il vous dégage tous. Niquez-les ! Niquez-les ces PD ! Bande de PD ! Tapez-les ces grosses putes ! », lance-t-il. Une cliente et une salariée présentes à ses côtés participent également aux échanges injurieux.
STOP homophobie condamne fermement ces propos, qui associent insultes homophobes et appels à la violence. De telles expressions ne sont pas anodines : elles contribuent à banaliser les discriminations et les agressions visant les personnes LGBTQIA+. Chacun doit pouvoir participer à une manifestation ou fréquenter un lieu public sans être insulté ou menacé en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre.
Les commerçants du marché Victor-Hugo condamnent les faits
L’association des commerçants du marché Victor-Hugo a réagi lundi, après avoir pris connaissance des images et des témoignages diffusés depuis samedi. Elle condamne « avec la plus grande fermeté tout propos ou comportement à caractère homophobe, raciste, xénophobe, discriminatoire, intimidant ou violent ».
Estimant que rien ne peut justifier de tels agissements, elle exprime son soutien aux personnes qui déclarent en avoir été victimes. Elle se « désolidarise fermement » du comportement dénoncé et rappelle qu’il ne saurait représenter les commerçants, artisans et restaurateurs qui font vivre le marché.
L’association indique par ailleurs qu’« une procédure est actuellement en cours, en lien avec les services compétents de la mairie de Toulouse », afin que les faits signalés soient examinés. Elle n’en précise toutefois pas la nature.
Le responsable présente ses excuses
Dans un témoignage publié par La Dépêche du Midi, le responsable licencié déclare : « Je présente mes excuses à ceux que j’ai pu blesser. » Il affirme en outre recevoir depuis des menaces de mort et indique que ses coordonnées personnelles circulent sur Internet.
Ces déclarations doivent être distinguées des propos filmés et des éventuelles responsabilités de chacun. Les menaces qu’il dit avoir subies doivent être examinées séparément : elles ne justifient pas les insultes proférées contre les manifestants. Les excuses présentées ne préjugent pas non plus des éventuelles suites judiciaires.
Quelles suites judiciaires ?
La mairie de Toulouse a également annoncé une action en justice. Son objet précis reste à confirmer, notamment pour déterminer si elle vise les insultes homophobes ou d’autres faits survenus en marge de la manifestation.
STOP homophobie vérifie la nature des démarches déjà engagées avant de décider si l’association doit déposer plainte à son tour. Il s’agit de déterminer si une action complémentaire permettrait de faire examiner spécifiquement les propos homophobes, sans engager une procédure inutilement redondante.












