« Désinformé », le pape accuse les manuels scolaires français de propager « la théorie du genre » (VIDEOS)

« Désinformé », le pape accuse les manuels scolaires français de propager « la théorie du genre » (VIDEOS)

Ce dimanche 2 octobre, dans son avion qui le ramenait à Rome après trois jours dans le Caucase, le pape François a dénoncé le contenu des manuels scolaires français qui propagent selon lui un « sournois endoctrinement de la théorie du genre ».

Pour preuve, une anecdote rapportée par un père de famille français, effaré que son fils de 10 ans, interrogé pendant un repas de famille sur ce qu’il voulait faire plus tard, lui réponde qu'il envisageait de devenir « une fille » : « Le père s’est alors rendu compte que dans les livres des collèges, la "théorie du genre" continuait à être enseignée, alors que c’est contre les choses naturelles », a raconté le pontife.

Des précisions sur ses « accusations » déjà formulées la veille à Tbilissi où il évoquait une « guerre mondiale pour détruire le mariage ».

Car pour le chef de l’Eglise catholique, si « avoir des tendances homosexuelles ou changer de sexe est une chose », enseigner dans les écoles cette ligne pour faire changer les mentalités « c'est de la colonisation idéologique ». Une coïncidence curieuse à quelques jours du retour sur les pavés parisiens de la manif pour tous.

« On a donc des intégristes capables d'embarquer le pape dans leur folie mensongère »

Sur France Inter, Najat Vallaud-Belkacem a regretté des « paroles légères et infondées » : « le pape aura lui aussi été victime de la campagne de désinformation massive conduite par des intégristes, la formation Le Jeune, Vigi-Gender et d'autres ».

La ministre a par ailleurs invité François, lors d'un de ses prochains déplacements en France, « à venir à la rencontre des enseignants pour feuilleter lui-même ces manuels scolaires, ces programmes » et lui expliquer ensuite « en quoi il y aurait une théorie du genre, qui n'existe pas par ailleurs » :

« Je suis pleine de respect à son endroit, c'est cela qui me peine, je n'imaginais pas qu'il se laisse entraîner par un ami dans un gros mensonge, je l'invite à aller regarder avant de se prononcer à la légère », a t-elle encore ajouté, appelant les parents à « ouvrir les manuels de leurs enfants » pour que « cessent ces inepties ».

Pour mémo, en 2014, des parents avaient retiré leurs enfants de l’école suite à une même campagne d'intox initiée par Farida Belghoul, 55 ans, selon laquelle l'école de la République « apprendrait aux petits garçons à devenir des petites filles ». Elle a été condamnée en 2016 à 5 000 euros pour diffamation.

Pas de programme secret donc pour gommer les différences ou promouvoir l'homosexualité, sinon la volonté de  « transmettre dès le plus jeune âge une culture de l'égalité et du respect entre les filles et les garçons ». En outre, les manuels scolaires sont effectivement du domaine de la République et non pas de la religion, ajoutent les éditeurs.

Interpellée sur Europe 1, Nathalie Kosciusko-Morizet a également estimé que le Saint-Père était « allé un peu vite en besogne » : « Moi les manuels scolaires je les regarde de près, j'ai deux petits garçons de 11 et 7 ans, les débats et les polémiques sur la théorie du genre, il y en a déjà eu. Mais là, j'ai rien trouvé qui y ressemble et on ne m'a jamais rien rapporté de cela à l'école ». Même Nadine Morano ne voit pas non plus « à quel livre il fait référence », comme bon nombre d'autres parents qui ont fait part de leur incompréhension. Le poids des rumeurs !

Le pape a malgré tout prôné l'amour et répété la nécessité « d'accueillir les homosexuels », précisant qu'il avait lui-même « accompagné des personnes avec ces tendances et pratiques pour les rapprocher du Seigneur. Certaines ne peuvent pas, mais je ne les ai jamais abandonnées », a-t-il assuré.

Il a également évoqué la lettre d’un Espagnol lui racontant comment il avait décidé de « changer de sexe » : « C'était une fille mais il se sentait garçon. Il s’est marié, a changé d’état civil et m’a écrit pour me demander de le rencontrer avec son épouse. » Et de conclure en soulignant que «  la vie est la vie et que les choses doivent se prendre comme elles viennent... Il ne s'agit pas de dire "faisons de même" mais accompagner chaque cas, discerner et intégrer. C'est ce que ferait Jésus aujourd'hui. »

Valentine Monceau
stophomophobie.org