Société : Faut-il être né femme pour avoir accès aux toilettes pour femmes ?

Société : Faut-il être né femme pour avoir accès aux toilettes pour femmes ?

>> Do you have to be biologically male to be allowed in the men’s toilet, or biologically female for the ladies loos?

Les petits bonhommes sur les portes des toilettes publiques créent la polémique en Amérique du nord. D’un côté, relaie le site de la BBC, il y a les personnes transgenres, qui ont changé de sexe au cours de leur existence « et qui affirment leur droit d’utiliser les toilettes de leur choix, peu importe leur genre biologique ». De l’autre, les conservateurs assurent que laisser cette liberté pourrait « rendre les gens vulnérables à des situations traumatisantes ou inappropriées, voire à du harcèlement sexuel« .

Ainsi, des propositions de lois dans le Minnesota et le Kentucky ont pour objectif d’imposer l’usage des toilettes dans les lycées en fonction du sexe de naissance. En Floride et au Texas ce même genre de texte a été proposé pour régir toutes les toilettes publiques par genre biologique, ce qui forcerait des hommes devenus femmes à utiliser uniquement les toilettes pour hommes, par exemple.

Pour défendre leur point de vue et mettre en avant leurs inquiétudes, les personnes transgenres viennent de lancer une campagne qui ne passe pas inaperçue sur les réseaux sociaux, avec des selfies pris dans les toilettes publiques. Ces photographies sont accompagnées du mot d’ordre #weneedtopee (nous avons envie de pisser). Des hommes posent ainsi dans les toilettes pour femmes et vice-versa, soulignant l’incongruité de la situation que pourraient provoquer ces lois.

« J’arrive, je me mets devant le miroir avec une amie femme derrière moi, on prend rapidement un selfie et on dégage avant que qui que ce soit me voie dans les toilettes des femmes », témoigne sur la chaîne KTTC Michael Hughes, un homme né femme qui participe à la campagne en ligne. « J’espère que même les élus et les électeurs les plus conservateurs pourront les regarder et prendre du recul par rapport à la situation », explique-t-il.

Le mouvement est aussi apparu au Canada récemment, où un sénateur tente de réglementer l’usage des toilettes publiques selon le sexe de naissance, « afin d’éviter que des personnes vulnérables, en particulier les femmes, soient traumatisées par le partage de leur espace avec une personne biologiquement mâle », rapporte la BBC.

>> In several US states, as well as in Canada, the law governing public toilets is now a divisive issue.

On one side are transgender people, who assert their right to use whichever loos they choose – no matter what their biological gender. On the other, conservatives who say a relaxation of the rules could leave members of the public vulnerable to traumatic or inappropriate situations, or even sexual harassment.

The latest twist online is an eye-catching protest tactic: the public toilet selfie.

Michael Hughes, a transgender man living in Rochester, Minnesota, is one of those using the tactic. On Twitter, he posts selfies with female friends standing behind him in women’s public toilets. Hashtags like #weneedtopee and #occupotty (shared around 4,000 and 2,000 times each) have been created for the campaign.

« So I come in, go right to the mirror with a female friend behind me, and we quickly get the selfie, and get back out before anybody comes in and gets startled by my presence in the women’s restroom, » he told American television network KTTC. « I’m hoping that even the most conservative lawmakers and voters will be able to look at them, take a step back. »

In Minnesota, as well as in Kentucky, the current proposed law would not affect all public restrooms but rather high schools, where restrictions have been proposed for toilets to be used according to a student’s birth sex. In Florida and Texas, bills have been proposed to restrict all public facilities by biological gender.

The « we just need to pee » selfies have also started appearing in Canada, with transgender woman Brae Carnes as one of the main protesters. The legal situation there is slightly different: legislators initially voted to enshrine gender identity as a human right there, but an amendment was introduced by Canadian Conservative Senator Donald Plett that excludes « sex-specific » places such as public toilets. The law is yet to be finally passed. According to reports, his aim was to protect vulnerable people such as women who have experienced abuse from the trauma of sharing a space with anyone who is « biologically male.

Miss Carnes, 23, from Victoria, British Columbia, has posted selfies on Facebook of herself in men’s toilets showing urinals in the background and uses the hashtag #PlettPutMeHere. In one of her photos she commented: « As a trans woman I’m not even safe from discrimination at the pub or public transit. What’s going to happen if I’m forced into a men’s changing room? »

Corentin Pennarguear
(Courrier international)