Poitiers : Des lycéens s'attaquent à l'homophobie

Poitiers : Des lycéens s'attaquent à l'homophobie
La lutte contre l’homophobie est un enjeu majeur, notamment depuis l’adoption du “ Mariage pour tous ”. Des lycéens ont décidé de réagir.
Un, c'est déjà trop. Jacques Moret, recteur de l'Académie de Poitiers, fait écho au suicide d'un collégien en mai dernier. Victime d'injures homophobes, le jeune garçon s'est donné la mort. Afin que cessent ces persécutions dont sont victimes les adolescents, d'autres jeunes ont décidé de faire évoluer les esprits.
" Certains de nos camarades ont subi des violences "
Le projet « Lycéen, gagnons le bonheur pour tous » est né trois ans plus tôt, initié par Garance et Théo, lycéens à Poitiers et à La Rochelle. Hier, le recteur est venu saluer cette initiative au lycée Victor-Hugo à Poitiers.
« On s'est rendu compte que certains de nos camarades ont été victimes de violences », confie Théo, vice-président au conseil académique de la vie scolaire.
D'ici au 7 avril, tous les établissements d'enseignement secondaire du Poitou-Charentes recevront deux kits.
Composés de fiches techniques, d'études, de conseils, d'affiches, la finalité est de faire prendre conscience aux jeunes les méfaits de l'homophobie et du silence sur une souffrance. Et Jacques Moret de déclarer : « La norme n'existe pas. L'Humanité est ce qu'elle est grâce à toutes ses singularités ».
Ce projet, appuyé par l'Académie de Poitiers, est un véritable documentaire sur la problématique de l'homophobie.
« Physiquement, il ferait mille pages, c'est pour cela qu'on l'a transcrit sur un CD. Les élèves y trouveront l'histoire de l'homosexualité, la législation, des rapports et beaucoup d'autres choses », souligne Isabelle Goyault, déléguée académique à la vie lycéenne.
Actuellement, l'Académie travaille à une mise en ligne prochaine de ce kit pour les élèves.
D'ici au 17 mai, jour de la Marche de la fierté organisée par SOS Homophobie à Poitiers, Théo et ses camarades distribueront ce kit dans les établissements et espèrent le faire monter jusqu'au ministre de l'Éducation nationale fraîchement nommé, Benoît Hamon.
Aurore Ymonnet