L'homosexualité, « une variation naturelle » de la sexualité, estime également la Société psychiatrique indienne (VIDEO)

L'homosexualité, « une variation naturelle » de la sexualité, estime également la Société psychiatrique indienne (VIDEO)

La Cour suprême du pays examine depuis ce 10 juillet des requêtes pour réviser l’article 377 du code pénal, criminalisant l'homosexualité. Datant de 1861, colonisation britannique, le texte prévoit des peines de prison, jusqu’à la perpétuité. La Haute Cour de Delhi l'avait abrogé en 2009, mais la plus haute juridiction a cassé la décision en 2013, estimant qu’il revenait au Parlement de statuer sur la question.

Il s'agit du dernier recours légal. Le gouvernement pourrait lever cette interdiction mais refuse tout changement, craignant de s’aliéner la multitude de groupes religieux qui structurent la société indienne.

Le docteur Ajit Bhide, président de l'Indian Psychiatric Society (IPS), Société psychiatrique indienne, a publié, il y a quelques jours, une vidéo pour l'occasion, exhortant ses confrères et autres spécialistes de la santé « à ne plus stigmatiser les lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres ».

« L'homosexualité n'est pas une aberration mais une variation naturelle de la sexualité humaine », insiste le médecin. « Toutes les organisations respectables de psychiatres l'ont déjà retirée de leur liste des maladies mentales. C'est une étape dans la bonne direction. Certaines personnes ne sont pas hétérosexuelles et nous n'avons pas à les sanctionner ou les ostraciser pour autant. »

« La position est officielle, nous la partageons tous », assure également le docteur Kersi Chavda, président d'un groupe de travail d'IPS dédié à la communauté LGBTQ. « L'homosexualité n'est pas un trouble psychiatrique ! Mais les expériences de discrimination et rejet conduisent aux problèmes de santé. »

« C'est la première fois que l'IPS clarifie publiquement sa position », s'est réjoui le docteur Bhooshan Shukla, psychiatre mais signataire, insiste-t-il, d'une pétition, appelant depuis 2013 à la dépénalisation. « Il faut maintenant se pencher sur l'interdiction et la pénalisation des thérapies de conversion, en hausse dans les milieux médicaux. »

« Manipulation, endoctrinement, traitements hormonaux, thérapie électroconvulsive... », l'IPS a recensé plus de 5000 victimes.

Anne V. Besnard
stophomophobie.com