Les professionnels de santé anglais invités « à demander l’orientation sexuelle » des patients

Les professionnels de santé anglais invités « à demander l’orientation sexuelle » des patients

>> Doctors are ordered to ask patients if they are gay: NHS bows to pressure from equal rights lobby to insist that GPs have to record every patient's sexuality

Le National Health Service (NHS), système de la santé publique du Royaume-Uni, a publié, ce 5 octobre, ces nouvelles directives, recommandant aux médecins d'interroger, à chaque entretien, en face-à-face, les patients âgés de plus de 16 ans sur la manière dont ils se définissent le mieux : « hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, autre orientation sexuelle, incertain, non établi ou inconnu ».

Une collecte d'informations pour parer aux « inégalités de traitement » dont ils sont victimes, rapporte les-echos.fr, et « adapter les soins aux spécificités de chacun ».

Le NHS voudrait ainsi s'assurer que les professionnels de santé anglais, infirmières également, respectent l'« Equality Act » de 2010, les patients homosexuels ou bisexuels étant, selon l'organisme, davantage sujets « aux risques d'automutilation ou de suicide » que le reste de la population.

« Collecter et analyser des données sur l'orientation sexuelle permet de mieux comprendre ces patients, de mieux leur répondre et d'améliorer leur accès aux services de santé », a ajouté la Fondation LGBT, qui a poussé le projet, sans consultation publique, précisant que les patients homosexuels ou bisexuels seraient sept fois plus souvent exposés à la drogue que la moyenne, et deux fois plus sujets au « binge drinking ».

Dans un pays où l'on collecte les données raciales des gens lorsqu'ils prennent une carte de bibliothèque municipale, tout le monde semble s'accorder sur le fait que la mesure part d'un bon sentiment. Mais « ce qui semble bon sur le papier... devient très intrusif quand on l'applique dans la vraie vie », a résumé l'ancienne secrétaire d'Etat à l'éducation, la conservatrice Nicky Morgan.

L'Association des médecins de famille estime pour sa part, « potentiellement intrusif et offensant » pour les médecins de surveiller la sexualité des gens. « L'Etat n'a rien à faire dans nos chambres à coucher », a insisté une intervenante interrogée sur Radio 4, une des antennes de la BBC, s'inquiétant d'« outings », si les données recueillies n'étaient pas suffisamment sécurisées.

Les patients qui refuseront de répondre à la question, seront consignés, sans autre incidence sur leurs soins, comme « non établis », dans le nouveau système de surveillance, dont le NHS espère la mise en place d'ici avril 2019.