Le débat sur le mariage gay provoque une libération de la parole homophobe

Le débat sur le mariage gay provoque une libération de la parole homophobe

Les jeunes semblent être ceux qui vivent le plus mal cette résurgence d'une homophobie latente de la société.

En cette fin d'année, le nombre d'appels reçus par les numéros d'écoute, comme SOS Homophobie et l'association Le Refuge a été multiplié par trois. Une conséquence, selon les associations de défense des homosexuels, de "libération de la parole homophobe" entraînée par le débat autour du mariage pour tous.

La vague de tweets homophobes qui a déferlé sur Twitter sous le hashtag #sitonfilsestgay., témoigne aussi de ce phénomène :

le refuge jan 2012"Nous recevons beaucoup d'appels de jeunes de 16-17 ans, qui sont homosexuels mais qui n'ont rien dit à leur famille et n'ont jamais débattu de cela avec eux et qui soudain les entendent reprendre des propos injurieux à l'égard des homos", déclare Nicolas Noguier, président du Refuge.

Pour lui, comme pour Elisabeth Ronzier, présidente de SOS Homophobie, cela ne démontre pas nécessairement une augmentation de l'homophobie mais plutôt la résurgence d'une homophobie latente de la société. Alors que la France est sur le point de devenir le onzième pays à ouvrir le mariage aux personnes de même sexe.

"Le pire ressort"

"Il me semble que les amalgames d'un certain nombre de politiques libèrent la parole homophobe et haineuse", estime Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT, qui appelle les députés à modérer leur propos car "il ne s'agit pas de théorie politique, mais de la vie des gens".

Pour lui, "le gouvernement n'avait pas conscience que la société française était encore aussi homophobe, il aurait fallu anticiper ce regain d'homophobie et faire de la sensibilisation auprès de l'opinion publique".

"Je pensais que la société avait vraiment évolué et là d'un seul coup, sous couvert de débat démocratique, le pire ressort. Moi, qui ai toujours vécu très simplement mon homosexualité, là je suis choqué et je me sens attaqué pour ce que je suis tout simplement", témoigne ainsi Quentin, 26 ans, sous couvert d'anonymat...

Source : sudouest.fr