« Filiation, PMA : marre des lois a minima ! »

« Filiation, PMA : marre des lois a minima ! »

C'est le mot d’ordre cette année de la Marche des Fiertés LGBT+ de Paris – Île de France, organisée par l’Inter-LGBT, inquiète du contenu du projet de loi de bioéthique, comprenant l'ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes.

Maintes fois reporté, le gouvernement vient d'annoncer sa présentation en Conseil des ministres en juillet. Mais, « faute d’écouter les personnes concernées et de prendre en compte la diversité des familles LGBTparentales », l’inter-associative craint que cette réforme ne s’applique finalement « qu’à quelques-un·e·s ».

« Combien d’années devrons-nous attendre pour que nos enfants soient tous protégés ? »

« Les familles LGBTparentales existent depuis plusieurs décennies et concernent des dizaines, voire des centaines de milliers d’enfants. Ces familles sont d’origines diverses : les enfants sont nés de précédentes unions, de procréation médicalement assistée à l’étranger, de procréation amicale avec un tiers connu mais qui ne souhaite pas être parent, de gestation pour autrui ou de coparentalité. Mais elles doivent toutes affronter des difficultés pour être reconnues », s'insurge l'Inter-LGBT.

Pourtant, depuis 2013 et la loi sur mariage pour tou·te·s, les familles LGBTparentales peuvent établir leur filiation en passant par la procédure d’adoption d’enfant du conjoint, réservée aux couples mariés. « Mais cette procédure inadaptée, longue et humiliante laisse les enfants et leurs parents dans l’insécurité juridique pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, certains tribunaux refusant systématiquement les demandes et obligeant les familles à se pourvoir en appel. Et tant que l’adoption n’est pas prononcée, le deuxième parent n’a pas l’autorité parentale : impossible par exemple d’accompagner son enfant malade à l’hôpital ! Pire encore, si le couple se sépare ou si un accident survient, l’enfant risque de se retrouver privé d’un de ses parents. Quant aux couples en coparentalité, seuls deux parents peuvent avoir l’autorité parentale, leurs conjoint·e·s restant sans droit ni devoir vis-à-vis de leur enfant. »

Presque tous les rapports traitant de l’évolution de la filiation ne prennent malheureusement en compte que le cas d’une procréation médicalement assistée faite en France. L'inter-LGBT souhaite également « l’ouverture de la reconnaissance volontaire en mairie pour le ou la conjointe de la maman ayant accouché ou du papa mentionné sur l’acte de naissance. Cette solution permettrait de mettre fin à la différence de traitement entre les couples hétérosexuels et homosexuels. Elle garantirait une procédure effective et rapide pour établir la filiation de tous les enfants. Et pour les couples en coparentalité, nous demandons une réforme de l’adoption simple permettant de partager l’autorité parentale à plus de deux parents. »

L’Inter-LGBT rappelle en outre que, « pour que chacun·e ait accès à la PMA, celle-ci doit être ouverte aux femmes célibataires comme aux couples de femmes, mais aussi aux personnes trans et intersexes.
Ces dernières devraient ainsi pouvoir conserver leurs gamètes, notamment lorsqu’elles entament des traitements stérilisants, ce qui leur est aujourd’hui refusé. Plus largement, l’auto-conservation des ovocytes devrait être permise. »

Il importe aussi que l’accès à la PMA soit gratuite, « pour éviter de reproduire une discrimination par l’argent tout comme il est nécessaire d’ouvrir le double don sans quoi les femmes lesbiennes ou célibataires qui ont des problèmes de fertilité seront toujours contraintes de se rendre à l’étranger. »

Ainsi, 50 ans après les émeutes de Stonewall, « ils nous reste encore de nombreux combats à mener contre les discriminations ! »

L’Inter-LGBT nous invite donc à venir nombreuses et nombreux marcher, ce 29 juin, pour exiger l’ouverture de la procréation médicalement assistée, la reconnaissance de toutes nos familles et la protection de nos enfants !
Cette année, le parcours de la Marche s’élancera dès 14h, depuis Montparnasse (place du 18 juin 1940) jusqu’à place de la République, devant le Grand Podium !

STOP homophobie est en 54e position dans l'ordre de marche. Notre équipe a apprêté un char, avec des animations, un set de DJs, en partenariat avec l'association Mousse et La Martine.

Page facebook de l'événement.

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