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Dans Libération, Laurence Rossignol revient sur la PMA : « Je n’ai pas plus de raisons aujourd’hui qu’hier, de relancer ce dossier »

Dans Libération, Laurence Rossignol revient sur la PMA : « Je n’ai pas plus de raisons aujourd’hui qu’hier, de relancer ce dossier »

Les faits sont têtus : le temps d’un quinquennat, les droits des femmes auront - du moins de façon symbolique - considérablement rétréci, passant d’un ministère de plein exercice (occupé par Najat Vallaud-Belkacem) à un secrétariat d’Etat rattaché aux Affaires sociales (Pascale Boistard) pour finir, certes dans un ministère, mais accolé… à la Famille et à l’Enfance. A la tête de ce triple portefeuille, Laurence Rossignol, 58 ans, ancienne militante du Mouvement de libération des femmes (MLF) et secrétaire d’Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées, de l’Autonomie et de l’Enfance depuis avril 2014. A peine était-elle nommée la semaine dernière que les réactions ont fusé. Interrogée par Libération elle revient sur la PMA et la GPA.

Le comité d’éthique a été saisi par le Président en janvier 2013 sur la question de l’ouverture de la PMA aux lesbiennes et aux célibataires. Jusqu’à quand va-t-on attendre son avis ?

Je n’ai pas plus de raisons aujourd’hui qu’hier, quand j’étais en charge de la famille, de relancer ce dossier. A titre personnel, j’y suis favorable pour les couples lesbiens, et il me semble que toute la gauche l’est. Le problème est clair : jusqu’où fait-on remonter le niveau d’excitation ?
Ma crainte la plus grande, c’est le procès en diversion. Je ne veux pas qu’on dise que la gauche lance des débats de société pour faire diversion, comme cela a été le cas à la fin du débat sur le mariage pour tous. Les vociférations de la Manif pour tous ont tout paralysé. Je ne veux pas être impuissante dans tout ce que j’ai à faire par l’enlisement d’un débat sur la PMA. Or, vous prononcez «PMA», et déjà les réseaux sociaux s’enflamment. Ces sujets doivent être traités par une société apaisée. Je travaille à l’apaiser.

Et la gestation pour autrui (GPA) ?

Il n’y a rien de nouveau à en dire. On sécurise la situation des enfants. Leurs droits ne sont pas négociables. Mais je suis profondément opposée à ce que la GPA soit légalisée en France. C’est un commerce mondial sur le ventre des femmes. La position de la France ne bougera pas sur ce sujet.