Couple gay injurié dans un Carrefour : l'auteure renvoyée devant le Tribunal correctionnel de Nanterre

Couple gay injurié dans un Carrefour : l'auteure renvoyée devant le Tribunal correctionnel de Nanterre

Le 3 mars 2018, alors qu'ils terminaient leurs courses, Laurent et Jean, ont été violemment pris à partie dans un supermarché à Rueil-Malmaison, par une jeune femme qui les a traité de « sales gros pédés, tarlouses et pédales », soulignant que « en Algérie, les mecs comme vous on les égorge ».

Elle a ensuite appelé quelqu'un de son entourage avec son téléphone portable, vociférant qu'il y avait « deux clients PD qui ne méritaient pas de vivre ».

Suite à la plainte déposée par le couple et l'enquête préliminaire, la jeune femme a été placée en garde à vue le 12 mars 2018, puis déférée devant le Procureur de la République de Nanterre, qui a décidé de la renvoyer devant le Tribunal correctionnel pour des faits d'injure publique en raison de l'orientation sexuelle.

L'affaire sera examinée le 23 avril 2018 à 13 heures 30 par la 16ème Chambre B du Tribunal de Grande Instance de Nanterre. Laurent et Jean se constitueront partie civile à cette audience, avec les associations STOP homophobie et Mousse.

« La lutte contre l'homophobie est un combat qui demeure malheureusement d'une actualité brûlante », a déclaré leur avocat, Me Tewfik BOUZENOUNE, regrettant « une libération de la parole homophobe », qui a débuté avec les mouvements opposés à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe en 2012 « et se poursuit aujourd'hui sous des formes moins structurées mais tout aussi virulentes ».

« L'injure homophobe, que l'on aurait pu penser d'un autre temps, se banalise au détriment des personnes homosexuelles qui souffrent, au quotidien, d'une stigmatisation intolérable », a-t-il encore insisté. Celles dont Laurent et Jean ont été victimes « démontrent que la vigilance doit rester entière. Cette affaire permettra de rappeler qu'il n'existe aucune impunité à l'égard des propos homophobes et que leur répression demeure une priorité pour les pouvoirs publics ».