Agression homophobe par un agent prestataire de la SNCF : l'entreprise ferroviaire envisage une plainte

Agression homophobe par un agent prestataire de la SNCF : l'entreprise ferroviaire envisage une plainte

Il venait de Bruxelles pour se rendre à Paris, avec une correspondance d’une heure à « Lille Europe ». L'occasion notamment de se rafraichir dans les sanitaires de la gare. Si ce n'est que le service est payant. Mais l'heure est tardive et personne n'était là pour encaisser. Timothy rentre donc dans une toilette, mais quelques minutes plus tard la personne en charge vient tambouriner violemment contre la porte pour lui rappeler qu'il doit impérativement s’acquitter de 70 centimes.

« Il était relativement agressif et la situation gênante », sinon très agaçante et « je lui ai expliqué qu'en sortant, je n'y manquerai pas. Mais rien à faire, il n'a pas cessé d'enchaîner des salves d'insultes, et de plus en plus fort et menaçantes, assurant qu'il allait me "tabasser", parce qu'il n'appréciait pas ma façon de lui "répondre". Et puis une cliente est entrée dans les WC pour dames. Il s'est éloigné pour l’accueillir, avec un ton beaucoup plus apaisé. Mais ensuite, il est encore revenu taper sur la porte, qu'il a même voulu déverrouiller de l’extérieur, en hurlant. S'il l'ouvrait, je risquais de me retrouver en posture d'agression physique. J'étais dans un état de stress, terrorisé. J'ai entendu d'autres clients entrer et là j'ai pensé que c'était le moment de sortir. Et je me suis avancé, pour lui payer les 70 centimes. Mais au premier "contact visuel", il m'a empoigné au col pour me coller sur le mur et nous sommes passés des "injures basiques" à de l'homophobie. Je peux citer par exemple "sale PD, je vais te retrouver, vas te la mettre bien profonde" etc. Son imagination était débordante mais blessante. Ensuite, il est retourné s'assoir derrière le comptoir. »

L'autre client qui venait d'entrer n'est pas intervenu, ni d'ailleurs le vigile qui se tenait à l’entré des espaces toilettes. Mais de nouveaux voyageurs ont fini par accaparer l'attention de l'agresseur.

« Je suis sorti, encore sur le choc. Je lui ai donné l'argent, en lui signifiant cependant que sa façon de traiter les usagers de la gare était inacceptable. Je sais bien qu’il y a plus grave dans le monde comme situation d’homophobie, mais j'ai pensé utile de le signaler à un responsable de la gare, dans l'hypothèse d'une prochaine victime, peut-être plus vulnérable. On m'a renvoyé vers le livre des réclamations. J'ai complété le formulaire et je suis reparti, avec un doute sur notre sécurité dans les gares SNCF.
Je ne pense pas déposer plainte. J'imagine par avance le regard du policier posé sur moi et jugeant les faits. De plus, cela m’aurait peut-être moins blessé si j’étais pas gay. »

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Déplorant cette agression, la SNCF a exigé une enquête et envisage des poursuites. L'employé mis en cause n'était pas un membre de son personnel mais un salarié d'une société prestataire, « 2theloo », qui s'était d'ailleurs vantée il y a quelques jours sur les réseaux de son engagement contre l'homophobie. La société concernée s'est aussi excusée et a précisé dans un communiqué, son intention d’« écarter » cette personne du site, « le temps de décider de la mesure disciplinaire la plus appropriée » et « pour que de tels agissements ne se produisent plus ! »

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