LGBT+ au Sénégal : appel à des visas humanitaires face à l’urgence

Une pétition adressée au président Emmanuel Macron demande la mise en place de visas humanitaires pour des personnes LGBTQIA+ au Sénégal, dans un contexte d’alertes répétées sur des risques de persécutions, de violences et d’arrestations visant la communauté LGBT+.

Porté par le militant et responsable associatif Jean-Luc Romero-Michel, ancien élu et figure engagée de la lutte contre le VIH et les discriminations, le texte est publié sur la plateforme Change.org. Il appelle les autorités françaises et européennes à mettre en place des dispositifs d’accueil d’urgence pour des personnes dont la sécurité serait menacée.

« Il en va de la vie d’êtres humains qui n’ont commis aucun crime ».

Un durcissement pénal et un climat de forte pression

La pétition évoque un durcissement récent du cadre répressif sénégalais concernant les relations entre personnes de même sexe. Selon les éléments rapportés, les peines encourues pourraient désormais aller jusqu’à 10 ans de prison selon les infractions retenues, dans un contexte où l’homosexualité reste criminalisée.

Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont STOP homophobie, documentent par ailleurs un climat marqué par des poursuites judiciaires, des arrestations et des violences visant des personnes LGBT+, sur fond de forte stigmatisation sociale.

Arrestations et données difficiles à consolider

Le texte mentionne une cinquantaine d’arrestations récentes, ainsi que des estimations plus larges issues de réseaux militants. Ces chiffres s’inscrivent dans un ensemble d’alertes relayées par des organisations de défense des droits humains, qui évoquent régulièrement des interpellations et des poursuites visant des personnes LGBT+ au Sénégal.

Dans un contexte où les données officielles ne sont pas publiées de manière détaillée selon les motifs ou l’orientation sexuelle supposée, les associations, dont STOP homophobie, là encore, soulignent une réalité difficile à documenter précisément, notamment en raison de la peur des victimes de témoigner et du recours fréquent à la clandestinité ou à l’exil.

Désinformation autour du VIH

La pétition dénonce également la diffusion de fausses informations liant les personnes LGBT+ à une transmission volontaire du VIH. Les autorités sanitaires internationales, dont l’ONUSIDA et l’Organisation mondiale de la santé, rappellent que les traitements antirétroviraux permettent, lorsqu’ils rendent la charge virale indétectable, de supprimer tout risque de transmission (principe du “U=U”).

Un appel à des visas humanitaires

Face à cette situation, la pétition demande la création de visas humanitaires pour des personnes exposées à des risques graves, ainsi qu’une mobilisation diplomatique de la France et des pays européens afin d’organiser des dispositifs d’accueil d’urgence.

Elle s’inscrit dans les alertes portées par plusieurs organisations de défense des droits humains, dont STOP homophobie, qui plaident pour un renforcement des mécanismes de protection internationale des personnes LGBT+ confrontées à des persécutions.

La pétition est accessible en ligne.