Vive controverse en Tunisie après la diffusion d'une émission ouvertement homophobe (VIDEO)

Vive controverse en Tunisie après la diffusion d'une émission ouvertement homophobe (VIDEO)

Diffusée lundi 13 juin sur la chaîne tunisienne Zitouna TV, jugée proche du parti islamiste Ennahda, l'émission « Yosleh Rayek » a suscité une vive polémique en Tunisie, au lendemain de la tuerie d'Orlando.

S'appuyant sur des versets du coran, le présentateur a en effet tenu des propos ouvertement homophobes, allant jusqu'à appeler au meurtre des homosexuels. Il a également reproché aux médias de jouer le jeu en accordant beaucoup trop d’importance à ce « phénomène négatif », et déploré les idées des défenseurs des droits des homosexuels : « puisées dans les poubelles de l'Occident ». Il a aussi qualifié pour l'occasion l’ancien ministre de la justice Mohamed Salah Ben Aïssa qui avait appelé à l’abrogation de l’article 230 pénalisant l’homosexualité de « pseudo intellectuel qui induit en erreur le peuple ».

Plusieurs extraits d'interventions d'universitaires spécialistes de l'islam ont, en outre, été diffusés, soulignant que le châtiment préconisé en cas d'homosexualité est la lapidation à mort ou la défenestration.

Des propos vivement condamnés, notamment par l'Association tunisienne de soutien des minorités (ATSM) qui annonce qu'une plainte sera déposée et appelle la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA) [équivalent tunisen du CSA], « à rappeler l'animateur à l'ordre ! »

Shams, qui milite pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie, a également annoncé son intention de poursuivre la chaîne Zitouna et l'animateur en justice « pour incitation à la violence et au meurtre contre les minorités sexuelles » .

Rappelons que Shams France, déclinaison hexagonale de Shams Tunisie, a tenu ce mardi 14 juin son Assemblée générale constitutive dans les locaux d’Amnesty International France, dans le XIXème arrondissement de Paris. L'association a prévu de travailler avec plusieurs organisations dans l’Hexagone et dans le Maghreb, déjà bien implantées, pour aider le plus grand nombre de jeunes et aussi pour se faire le relais médiatique de Shams-Tunisie dont le champ d’action s’est nettement rétréci ces derniers temps.