Témoignage. Au Québec, un étudiant dénonce l'exclusion des homosexuels des dons de sang et de cellules souches

Témoignage. Au Québec, un étudiant dénonce l'exclusion des homosexuels des dons de sang et de cellules souches

Le jeune homme âgé de 18 ans, étudie les sciences de la nature. Lors d'une collecte de sang, tenue il y a quelques semaines, Héma-Québec a refusé de l'inscrire au registre des donneurs. Jérémy Dubé considère qu'il s'agit de pratiques discriminatoires et s'engage à faire changer les choses :

« Je me suis proposé pour donner des cellules souches et je savais que je n'avais pas le droit de donner du sang. Je connaissais le règlement, mais je m'étais informé auprès de la dame et elle m'avait dit que les règlements étaient différents. Puis cette semaine, j'ai reçu un message comme quoi les homosexuels n'avaient pas le droit de donner des cellules souches non plus. »

Jérémy estime qu'il est « discriminatoire de penser que tous les homosexuels sont atteints de l'hépatite C ou du VIH, que c'est toute la même "gang" puis ils n'ont pas le droit de donner parce qu'ils vont rendre malade toute la population : Faudrait peut-être qu'ils remettent leurs statistiques à jour... En quoi un homosexuel en couple est plus à risque qu'un hétérosexuel qui a plusieurs partenaires ? Et qui a déterminé que les gays avaient maintenant des pratiques sexuelles plus à risque que les hétérosexuels », se demande encore le jeune homme qui a l'intention de communiquer avec son député fédéral et souhaite travailler avec le gouvernement Trudeau pour que les organismes qui recueillent du sang mettent fin à cette interdiction « fondée sur les préjugés d'une autre époque ».

« Je pense que c'est une peur collective résultant de la crise du SIDA des années 80 et je pense que ce serait le temps de revoir nos livres et de se rendre compte qu'on est peut-être plus en 1980 », conclut Jérémy.

Rappelons que le 21 décembre, les Etats-Unis ont également supprimé l’interdiction faite aux hommes homosexuels de donner leur sang, en la remplaçant par l’obligation d’une abstinence sexuelle d'un an. Cette mesure intervient dans la foulée de décisions similaires en Australie, au Japon et en France, où le don devrait-être ouvert dès le printemps aux gays et bisexuels n’ayant pas eu de relations sexuelles durant les 12 derniers mois.

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