Réforme du code pénal camerounais : le gouvernement maintient la sanction pénale contre l’homosexualité

Réforme du code pénal camerounais : le gouvernement maintient la sanction pénale contre l’homosexualité

Une réforme très controversée du code pénal camerounais a été adoptée mercredi par l'Assemblée nationale avec le boycott du principal parti d'opposition, a appris l'AFP de source parlementaire. Il s'agissait surtout de réviser et valider de nouveaux délits. Mais le maintien de la peine de mort, l'homosexualité toujours passible de cinq ans de prison, l'immunité concédée aux ministres ou encore la pénalisation de l'adultère ont braqué l'opposition et la société civile, qui déplorent une réforme préparée sans concertation.

Des élus d'opposition, des avocats et des associations ont exigé en vain le retrait de cette réforme, adoptée à l'Assemblée où le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) dispose d'une écrasante majorité.

Peu avant le vote, les députés du Social democratic front (SDF), principal parti d'opposition, ont quitté la salle.

« Il faudra un changement de régime pour faire entrer le Cameroun dans la modernité », a écrit sur sa page Facebook Joshua Osih, député et premier vice-président du SDF.

« Nous regrettons le maintien de la pénalisation de l'homosexualité », toujours réprimé d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison ferme, a pour sa part affirmé à l'AFP l'avocate Alice Nkom.

Elle attendait du Gouvernement et principalement du Ministre de la justice, Laurent Esso, « un texte réprimant les autorités administratives qui violent au quotidien les libertés fondamentales et qui font subir les représailles de toutes sortes aux défenseurs des droits humains, aux journalistes et autres activistes qui occupent l’espace auprès des citoyens que l’Etat a abandonnés. »

Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Rédhac), dont Mme Nkom est d'ailleurs la présidente du conseil d'administration, a ainsi déploré un texte « préparé en catimini au ministère de la Justice », avant son dépôt à l'Assemblée nationale le 13 juin.

Ils mettent en garde le gouvernement qui, « au lieu de promouvoir et protéger les droits humains, ne fait qu’augmenter les frustrations et le mal être, sources d’un soulèvement populaire et d’insécurité en tout genre ».

Après l'Assemblée nationale, le texte sera examiné au Sénat où le RDPC est aussi majoritaire. Il vise en outre le régime des réunions et manifestations publiques, la promotion et la protection des personnes handicapées, les droits d’auteur et droits voisins, la banqueroute frauduleuse, le trafic et la traite des personnes, le régime des jeux de divertissement, d’argent et de hasard.

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