Quand les journalistes colportent la parole homophobe : Dons de sang par les gays, synonymes de "roulette russe" ?

Quand les journalistes colportent la parole homophobe : Dons de sang par les gays, synonymes de "roulette russe" ?

Il faut traquer l’homophobie partout où elle se trouve. Le député PS Olivier Véran vient de déterrer un vieux dossier : les hommes homosexuels ne peuvent pas donner leur sang. Il entend mettre un terme à cette discrimination honteuse à travers un rapport sur l’organisation de la filière sang en France, remis hier au ministère de la Santé, qui vise en particulier à lever cette interdiction. Il est plus que temps que la médecine, science rétrograde et homophobe, soit mise au pas.

>> Voici un article publié sur le site bvoltaire.fr d’une « journaliste », Gabrielle Cluzel, qui cherche à exploiter la peur de l’homo en lançant des rumeurs de contagion…homophobie? Discrimination? Ignorance? Que penser d’une journaliste qui écrit des articles laissant sous entendre que les dons de sang par les gays sont synonymes de « roulette russe » ?

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Gabrielle-CluzelDon du sang : décidément, les homos en font un peu trop…

L’Établissement français du sang justifie cette interdiction (stipulée par une circulaire datant de juin 1983, confirmée dans un arrêté de 2009) par le fait que le risque d’infection par le VIH est 200 fois plus important chez les homosexuels que chez les hétérosexuels… Marisol Touraine, qui avait d’ailleurs imprudemment promis de revenir sur la chose il y a un an, a dû faire machine arrière six mois plus tard et reconnaître que le principe de précaution forçait à garder le dispositif en l’état. Que le gouvernement compte dans son équipe une vedette du sang contaminé ne signifie pas pour autant qu’il crève d’envie de se lancer dans le tournage de la saison 2. Jusqu’à quand tiendra-t-il ?

Étonnant, ce désir brûlant de donner son sang. Bigrement généreux, de vouloir rendre service à tout prix. Un service essentiel auquel il est de notre devoir de nous plier le plus souvent possible mais qui n’en est pas pour autant — si l’on excepte les deux gâteaux secs sous blister pour se requinquer à la sortie — une formidable partie de plaisir. Moi qui suis bien plus égoïste, quand autrefois je toussais et me mouchais à grand bruit, et que ma mère me dispensait de vider le lave-vaisselle pour éviter que je refile mes miasmes à toute la famille en tripotant les couverts, je ne criais pas à la discrimination et ne me le faisais surtout pas dire deux fois. Bref, pour la faire courte, qui dit discrimination dit préjudice. Quel est le préjudice ?

La frustration, dites-vous, de ne pas laisser libre cours à sa générosité ? Mais le véritable altruisme, bien sûr, consiste au contraire à éviter de donner son sang pour ne pas risquer de contaminer un futur transfusé. Il n’y avait pas de préjudice, il y en aura un en revanche si les dispositions en la matière changent, un grave préjudice porté aux malades et aux accidentés, pour lesquels la transfusion (anonyme : il est interdit en France de faire don de son sang à quelqu’un de son entourage) peut devenir une sorte de vaste roulette russe.

Par une révolution nombriliste inédite, il en va du don du sang comme de l’éducation des enfants : ce qui était un devoir devient un droit inaliénable. Notez qu’en revanche Olivier Véran considère que l’on doit continuer à écarter de la collecte de sang les moins de 50 kilos et les plus de 70 ans. Pour eux, il recommande de ne rien changer. Ça, c’est dégueulasse. Sucreurs de fraises et grabataires en tous genres, unissez-vous ! Maigrichons et demi-portions de tous poils, donnez-vous la main ! Brandissez vos déambulateurs, vos dentiers et vos talonnettes, et réclamez les gâteaux secs pour tous !