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Propos homophobes : Les plaintes contre l'évêque Vitus Huonder classées

Propos homophobes : Les plaintes contre l'évêque Vitus Huonder classées

Le Ministère public des Grisons a classé les plaintes pour incitation publique au crime ou à la violence (article 259 du Code pénal), déposées par la faîtière des organisations homosexuelles de Suisse, Pink Cross, et deux privés, contre l'évêque de Coire Vitus Huonder, indique lematin.ch après ses déclarations sur les homosexuels. Le Ministère public estime que les conditions ne sont pas remplies pour un renvoi devant le tribunal ou une condamnation.

L'évêque de Coire, contesté dans son propre diocèse, a bien évidemment fait part de sa «satisfaction». Et, dans un communiqué, son service de presse affirme que, «comme on pouvait s'y attendre, les reproches formulés contre l'évêque se sont révélés infondés». L'évêché se réserve le droit de revenir sur cette affaire une fois que le jugement sera entré en force, soit au plus tôt dans dix jours.

Pour exprimer sa position sur l'homosexualité, lors d'une intervention à Fulda, Vitus Huonder, 73 ans, a cité des passages de la Bible «condamnant à mort» les auteurs «d'abominations» que sont les personnes qui «couchent» avec des individus du même sexe. Ces propos tirés du texte du Lévitique de l'Ancien Testament ont provoqué un tollé.

L'évêque a d'abord affirmé avoir été mal compris. Puis il a donné des explications compliquées sur le sens de ses propos, avant de s'excuser «auprès de toutes les personnes qui se sont senties blessées par mon discours, en particulier auprès des personnes de sensibilité homosexuelle». De nombreux croyants ont réagi avec colère à l'exposé tenu par l'ecclésiastique controversé.

La Conférence des évêques suisses (CES) a aussi réagi aux propos de l'évêque de Coire. «L'Eglise est ouverte à tous les hommes», a indiqué la CES, et «accueille inconditionnellement chaque personne dans sa dignité intangible aux yeux de Dieu, indépendamment de son orientation sexuelle».
«Les textes anciens doivent être expliqués et replacés dans leur contexte, ou ne doivent pas être cités», soulignait également le porte-parole de la CES, Walter Müller.

On peut effectivement se demander si la Suisse a réellement envie de s'engager sur la voie de l'égalité et traiter les propos homophobes au même titre que le racisme. Les dérapages de ce genre de prélats sont dangereux notamment lorsqu'on sait qu'ils vont ensuite servir d'arguments aux extrémistes, comme c'est déjà le cas en Afrique par exemple, pour justifier de leurs violences à l'encontre des personnes LGBT.

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