Poussée notable des mariages entre personnes de même sexe à Marseille

Poussée notable des mariages entre personnes de même sexe à Marseille

À Marseille, en 2014, selon les données recueillies dans les huit mairies de secteur, ils auront été 172 couples homosexuels à se passer la bague au doigt devant un élu de la majorité ou de l’opposition. Le chiffre est modeste ? Oui, mais en progression comme le rapporte laprovence.com ! En effet, les unions entre personnes de même sexe représentent désormais 5,61 % des mariages enregistrés dans la cité phocéenne, contre 4 % en 2013, année de la promulgation du mariage gay et lesbien.

mariagesgaysUne progression qui, estime Philippe Nurcia, responsable du collectif Identités, diversités, égalité, Méditerranée (Idem), « montre que le mariage gay est entré dans les moeurs. « L’application concrète de cette loi a permis une meilleure appréciation de l’homosexualité », embraye-t-il. « J’ai assisté à une cérémonie à la mairie du 6e-8e, célébrée par une élue qui n’a pas caché son opposition lors de la discussion parlementaire. Mais elle a ensuite dit que maintenant que cela existe, elle était enchantée de célébrer une noce qui ressemble à toutes les autres : les mêmes familles dans la salle, les mêmes voisins, les mêmes relations d’amitié… Et ça, c’est un antidote à tous les préjugés. »

Avec quelques bémols locaux, toutefois : si la deuxième ville de France réalise un « score » supérieur de 1,47 % à la moyenne nationale (4,14 % ), elle reste dans le bas du classement des grandes villes, loin, en tout cas, de la capitale (13 % de mariage gays célébrés en 2014), mais aussi de Nice (8,2 %), Rennes (10,7 %), Bordeaux (10,2 %) ou Nantes (10,1 %). Pour ces trois villes, les chiffres datent de 2013.

Ce décalage est-il lié à une moindre tolérance de l’homosexualité en terre phocéenne ?

« Je ne crois pas en cette interprétation », tranche Philippe Nurcia. Et d’expliciter : « On a remarqué que les couples qui se mariaient en France avaient très majoritairement autour de la cinquantaine. Un âge où l’on se pose peu la question de l’acceptation par une ville ou l’entourage. C’est au contraire un choix très réfléchi. Je crois qu’il y a plusieurs autre hypothèses : l’âge de la population, la géographie ou le statut socioprofessionnel des populations. Étant entendu que, par principe, le mariage demande une forme d’assise financière ».

Un des facteurs qui expliquerait, en moindre mesure, les différences observées entre les secteurs les plus aisées (4e-5e ; 6e-8e), ceux où les unions sont également les plus élevés, et les plus précaires (1e-7e ; 2e-3e ; 15e-16e), accueillant moins de cérémonies. Bien que l’exemple du confortable 11e-12e (9 mariages gay seulement sur 333) plaide dans le sens inverse.

Les associations pro gay et lesbien remarquent, en s’en félicitant, à l’instar de Philippe Nurcia que « la mobilisation contre le mariage pour tous semble au creux de la vague. Et c’est sûrement le résultat de cette égalité de droits devant la loi, qui a permis de rendre visibles et donc mieux acceptées des unions qui étaient invisibles. »


L’affaire

C’est le seul incident sérieux relevé depuis l’application du mariage homosexuel dans la cité phocéenne. En août dernier, Sabrina Hout, élue du 15e-16e déléguée à la Famille, qui devait célébrer l’union entre deux femmes d’une cinquantaine d’années, avait fait faux bond à la dernière minute en expliquant « se sentir mal« , laissant ainsi la responsabilité de la cérémonie à un autre édile non habilité.

Selon les témoignages de plusieurs adjoints, l’élue avait évoqué ses convictions religieuses pour refuser de marier le couple (ce qu’elle dément). Une noce qui avait ensuite été annulée en octobre par le tribunal de grande instance, au grand dam des mariées. Sanctionnée d’un « rappel à la loi » par le parquet de Marseille, Sabrina Hout s’est également vue retirer sa délégation par la maire de secteur, Samia Ghali (PS).

Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. En décembre dernier, l’association de lutte contre les discriminations sexuelles « Mousse » a déposé une plainte contre X « pour discrimination à raison de l’orientation sexuelle« , visant cette élue.