PMA pour toutes : « L’égalité des droits n’est pas une raison médicale mais légale », insiste Alexandre Urwicz

En Mars 2016, dans une tribune publiée dans le Monde, 130 médecins déclaraient avoir aidé des couples homosexuels à avoir un enfant, en dépit de la loi. Ils souhaitent relancer le débat sur la procréation médicalement assistée, dont sont exclus les femmes seules et couples lesbiens

Parmi les signataires, René Frydman, membre de l'équipe médicale qui permit la naissance du premier « bébé-éprouvette » français en 1972.

Une prise de position fustigée par quelques médecins irréductibles qui ont réagi dans une pétition, s'indignant « d'actes techniques contraires à l’éthique, et réclamé l'intervention du Conseil de l’Ordre des Médecins ».

« Les tentations sont grandes pour les pouvoirs publics et les usagers de s’approprier les techniques bio-médicales à des fins partisanes. Nous mettons en garde contre ces tentations », écrivent-ils, estimant que « la Médecine est avant tout un art au service des malades » et la première devise du médecin, « Primum non nocere » (Premièrement, ne pas nuire).

« Il n’appartient pas au médecin de juger de la vie. Même s’il doit accompagner les couples stériles en désir d’enfant, le médecin n’a pas tous les droits pour faire surgir la vie (...) Le médecin ne doit pas être au service d’une idéologie quelle qu’elle soit. La sélection des races, l’eugénisme, le dopage, les expériences sur l’homme, la "fabrication" d’enfants en dehors de la complémentarité homme-femme sont étrangers aux buts de la Médecine. Il revient au Conseil de l’Ordre des Médecins, expression de notre profession, de faire respecter les règles de la déontologie médicale. Le médecin est soumis à la loi en tant que citoyen. L’État quant à lui ne doit pas sortir de son rôle en demandant au médecin d’accomplir des actes techniques contraires à l’éthique médicale. »

« Une pétition homophobe, contraire au Serment d'Hippocrate et qui raye l'homoparentalité de la carte », déplore l'Association Des Familles Homoparentales.

« La PMA avec tiers donneur pour les couples hétérosexuels a toujours été une PMA sociale, elle ne guérit pas de l'infertilité », rappelle le Président et co-fondateur de l'Association. « Depuis 50 ans, aucun médecin n'est venu protester contre ce dispositif. La PMA pour toutes les femmes est une question d'égalité des droits. L'égalité des droits n'est pas une raison médicale mais légale », insiste Alexandre Urwicz.

« Les médecins n'ont pas à donner leur avis, c'est d'ailleurs la position de l'Académie de Médecine qui s'est bien gardé de prendre une position sur le sujet, renvoyant au législateur la décision », ajoute-t-il, appelant le Conseil national de l’Ordre des Médecins à réagir.

Pour consulter : la « liste des signataires du Manifeste »

 

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