PMA : Adhésion « massive » des Français à son ouverture aux femmes célibataires et couples lesbiens

PMA : Adhésion « massive » des Français à son ouverture aux femmes célibataires et couples lesbiens

Selon un sondage Ifop pour le site My-Pharma.info, paru ce vendredi 22 septembre, au moins 64 % des Français sont favorables à l'élargissement de la procréation médicalement assistée aux couples d'homosexuelles et 65 % pour les femmes célibataires.

« On atteint un niveau record en termes d’acceptation pour les lesbiennes », a commenté François Kraus, directeur d'études à l'Ifop.

Ils étaient 59 %, en août 2016, à se prononcer en faveur, contre 47 % en janvier 2013, avant le vote de la loi mariage pour tous. A peine 24 % en 1990. L'évolution est croissante et la mesure davantage soutenue par les femmes (66%) que les hommes (62%), ainsi que par les moins de 35 ans (70 %), que leurs ainés (62%).

56% des répondants sont en outre favorables à son remboursement par la sécurité sociale à tous les bénéficiaires. Actuellement l’assurance maladie ne fait pas de différence entre les gens et les français ne veulent pas une remise en cause de ce « principe d’égalité ».

« Il n’y a donc pas de risque d’opinion pour le Président Macron à mettre en application ce qui constitue l’une de ses promesses de campagne, dans la mesure où non seulement près de 2 français sur 3 sont favorables aujourd’hui à cette légalisation mais dans ce qui constitue le cœur du soutien du gouvernement ce taux d’adhésion est encore plus fort avec 69 %. Et il est aussi important au MODEM à 63 % », poursuit François Kraus.

L'aide médicale à la procréation est aujourd'hui réservée en France aux seuls couples hétérosexuels infertiles. La secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa avait réitéré l'engagement du gouvernement, en annonçant au début du mois une proposition de réforme pour 2018, avec les Etats généraux de la bioéthique, suscitant toutefois des réserves.

L'Élysée temporise, soucieux d'éviter de nouvelles « tensions », sachant que des ministres issus de la droite étaient pour la plupart officiellement opposés à la PMA avant d’entrer dans le gouvernement.

Et c'est pour cette raison, et pour comprendre comment chaque « bord » politique réagit, que pour la première fois l’IFOP est allé observer la position des sympathisants LR et UDI proches du gouvernement Philippe.

Chez ces gens on voit clairement qu’une majorité d’entre eux (51 %) sont favorables à la PMA. En cela se distinguent les Républicains « canal historique » qui sont à peine 1/3 dans ce cas. Il y a donc bien une rupture entre les deux électorats de droite, ceux qui sont restés dans l’opposition au gouvernement et ceux qui soutiennent le gouvernement.

Ce vendredi, le président de la République, qui s'exprimait devant les responsables des différents cultes religieux, à l'hôtel de ville de Paris, a déclaré qu'il ne souhaitait « pas que la société se divise » sur ces sujets éthiques.

« La manière que j'aurai d'aborder ces débats ne sera en rien de dire que le politique a une prééminence sur vous et qu'une loi pourrait trancher ou fermer un débat qui n'est pas mûr », a lancé le chef de l'Etat. « Notre société a à connaître des changements profonds, des transformations de la vie quotidienne (...) que nous devons considérer. »

Rappelons que la PMA est autorisée pour les couples de même sexe dans 7 pays Européens : la Finlande, la Suède, le Danemark, la Belgique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Espagne.

Et l'on pouvait bien entendu s'attendre à ce que le débat sur la PMA déclenche celui sur la gestation pour autrui (GPA), acceptée par l’opinion pour les hétérosexuels qui ne peuvent pas avoir d’enfant à hauteur de 60 %, d'après l'enquête, contre un taux d'approbation de 48 % pour les couples homosexuels. Un autre record depuis 2014 !

Elle est pour le moment uniquement proposée au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Grèce. Et dans la plupart des autres pays, elle est soit totalement interdite, soit encore non légiférée.