Azerbaïdjan : Arrestations et tortures de plus d’une centaine d’homosexuels et transgenres (VIDEO)

Visiblement inspirée par les horreurs infligées aux LGBT en Tchétchénie, la police azerbaïdjanaise a arrêté ces dernières semaines des dizaines de gays et personnes transgenres, accusés de se livrer à la « prostitution », selon les déclarations des autorités, niant toute allégation de discrimination liée à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

« Dans notre pays, les minorités sexuelles n’ont jamais été persécutées, mais elles ne sont pas non plus au-dessus des lois », a d’ailleurs déclaré un représentant du ministère de l’Intérieur au journal indépendant Russe, « The Caucasian Knot », évoquant « des mesures,  suite à une multitude de plaintes de citoyens indignés ». Et pour « protéger les valeurs morales nationales », mises en péril « par l’Occident qui défend ces immondes créatures, maudites par Dieu et sources de maladies dangereuses, sous prétexte des « droits de l’homme » », a également estimé le député Ayaz Efendiyev, vice-président du parti « Justice ».

Plusieurs militants ont ainsi dénoncé ces exactions, notamment Javid Nabiyev, président de l’association LGBT « Alliance Nefes », qui a publié une vidéo, le 22 septembre, indiquant que la police avait effectivement multiplié les raids à Bakou, la capitale, dans des lieux privés et établissements publics, très fréquentés par les membres de la communauté, affirmant que les personnes interpellées « souffraient de maladies transmissibles », tel le VIH/sida, « qu’elles propageaient ».

Les détenus ont été battus, torturés, soumis à des examens médicaux forcés. Certains ont été condamnés à 20 ou 30 jours d’emprisonnement. Beaucoup ont été libérés, après avoir livré les noms de leurs connaissances.

L’homosexualité n’est pourtant plus un délit en Azerbaïdjan depuis 2001, considéré toutefois, cette année encore, comme le pire pays européen pour un citoyen LGBT, selon le Rainbow Map d’ILGA, qui l’a classé, avec 5%, à la 49e place de son baromètre des droits, derrière l’Arménie (7%) et la Russie (6%).

En 2014, menacé de mort, un couple gay a été contraint de fuir vers la Turquie, après que leurs informations personnelles aient été publiées en ligne par les médias locaux. Sous la pression, les deux hommes se sont séparés.

La même année, Isa Shakhmarli, jeune activiste LGBTI de 20 ans, s’est suicidé, selon les autorités, avec son drapeau arc-en-ciel, en laissant un témoignage vidéo : « Ce monde ne supporte par mes véritables couleurs. J’ai essayé en vain d’expliquer à ma famille et entourage que « l’amour c’est l’amour ». Mais ils n’ont jamais compris ! »

Terrence Katchadourian
stophomophobie.com