Homophobie : Si « certains sports ont encore du chemin à faire, le rugby n'en fait pas partie », selon Nigel Owens

Homophobie : Si « certains sports ont encore du chemin à faire, le rugby n'en fait pas partie », selon Nigel Owens

« Certains sports ont encore du chemin à faire avant en ce qui concerne l’acceptation des personnes gays, bisexuelles et lesbiennes. » Selon Nigel Owens, arbitre professionnel depuis 2001, le rugby n’en fait heureusement pas partie. Car pour celui qui a publiquement révélé son homosexualité en 2007, cela aurait été une toute autre affaire. Aujourd’hui, il fait part de son expérience avec l’espoir que cela pourra en aider d’autres. « Dans mon cas, le monde du rugby a vraiment été encourageant et accueillant, et m’a permis de savoir qui j’étais,  » confie à The Independant celui qui a récemment arbitré avec brio le match entre les Springboks et les All Blacks. Me permettant ainsi de savoir qui j’étais. »

Un processus que le Gallois a entamé au début des années 90 : « J’avais 19 ans quand je me suis rendu compte que j’étais différent de la norme et des personnes qui m’entouraient. »

Elevé dans un village appelé Mynyddcerrig, à l’Ouest du Pays de Galles, dans un environnement catholique, Nigel Owens n’avait à ce moment-là aucune une idée de ce que pouvait être une personne gay, un terme souvent associé à l’époque aux hommes travaillant dans les salons de coiffure ou en tant que steward.

Une fois certain de sa sexualité, il a tout d’abord cherché à la combattre en conservant une petite amie. Mais cela n’a fait que le pousser dans la dépression. « Être gay était quelque chose de totalement étranger à la façon dont j’avais été élevé qui était d’avoir une femme, des enfants… Je pensais que c’était comme ça que ça devait se passer. » Puis les années ont passé. Un peu plus en accord avec lui-même pour entretenir sa première relation avec un homme, il continue néanmoins d’agir dans le secret, terrorisé par la réaction que pourraient avoir sa famille et ses collègues dans le monde du rugby. Très mal dans son corps, il finit par devenir boulimique et consommer des stéroïdes. Ce qui n’arrange rien à sa situation. Laquelle se dégrade jusqu’au point où il en vient même à attenter à sa vie : « J’ai écrit une lettre à mes parents, je suis allé dans la montagne avec des cachets et un fusil pour me tuer. Mais les cachets m’ont mis dans le coma et du même coup sauvé la vie. Sans cela, j’aurais appuyé sur la détente. J’ai eu une seconde chance. »

Une chance d’enfin accepter qui il est. Ce qu’il fit en prenant tout d’abord le temps de parler à ses proches : « Beaucoup de mes amis ont été surpris. Ils m’ont dit :  » Tu es sûr d’être gay ? Tu ne ressembles pas à un gay. » Ils ont été présents et le sont toujours, tout comme ma famille. » Révéler son homosexualité au monde du rugby a cependant revêtu une plus grande importance alors qu’il espérait à l’époque faire ses débuts au mondial 2007. « J’avais besoin de savoir si je pouvais continuer à arbitrer si j’en parlais. Si ce n’était pas le cas, j’aurais du choisir entre abandonner l’arbitrage ou bien continuer en cachant ma sexualité. » Ses collègues furent heureusement très accueillants. « Depuis, d’autres sportifs l’ont révélé. Cela montre au monde que peu importe si l’on est efféminé, macho, grand ou petit : être gay n’a pas de rapport avec l’apparence. » Malheureusement, il existe toujours des personnes que cela dérange, et il n’est pas rare que Nigel Owens soit la cible de railleries de la part de certains supporters pendant les matchs : « Je ne le prends pas personnellement, cela fait partie du rôle d’arbitre que d’être malmené. » S’il n’encourage pas les gens à révéler leur sexualité, le faire lui a cependant permis d’être en accord avec lui-même et de fait d’être meilleur dans son travail. « Si je ne l’avais pas fait, je n’aurais pas été aussi relaxé. » Ce qui lui permet aujourd’hui de pousser la chansonnette à la radio en toute simplicité. À retrouver à 10’22.

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