Lutte contre la sérophobie : « Je suis Jérémy, j’ai 32 ans, et j’essaie de libérer la parole » (VIDEO)

Axel Santoni, jeune journaliste parisien, nous a présenté son projet, « I Am », une série de vidéos de « 3 minutes ou moins, pour découvrir un individu au parcours atypique ou au destin incroyable. Un moment court, où l’humain est placé au centre et donne sa vision de la vie », dit-il, comme dans ce troisième portrait dédié à Jérémy, Parisien de 32 ans, qui a découvert sa séropositivité il y a neuf ans, après un test de dépistage, suite à « l'appel de son ex, trois jours avant son anniversaire », pour lui annoncer la « nouvelle ». « Je pensais qu'il voulait recoller le morceaux ! J'avais 23 ans... »

Le plus brutal ? La réaction de sa mère lorsqu'il s'est confié, « le pas de recul qu'elle a fait. Ça marque profondément. » Et puis, du déni, à la colère, jusque l’acceptation, pour « apprendre à vivre avec le VIH », il revient sur ses premières craintes, et cet « effet indésirable : la peur qu'on suscite chez l'autre. C'est la sérophobie. »

Et s'il n'y a pas de « moment propice pour le dire », il se souvient également de ce flirt, avec un avocat pourtant « éduqué », qui a quitté l'appartement « à une vitesse incroyable : j'avais l'impression d'être la mort en personne », dit-il. « Ca fait bientôt dix ans que je suis séropo, ça fait dix ans que je suis célibataire ! »

Mais il aura toujours essayer de transformer ce vécu « en version positive », d'en faire « quelque chose qui va apporter à l'autre. »

Désormais militant pour l’association Aides, Jérémy fait de la prévention, du dépistage ainsi que de l’accompagnement des personnes séropositives, et rappelle, pour l'occasion, que « le savoir, c’est le pouvoir » et que se faire dépister, « c’est penser à soi, mais aussi aux autres », car « aujourd'hui, nous avons des outils performants pour arrêter le VIH. »

Un décalage considérable subsiste en effet entre progrès thérapeutiques et perception sociale. En France 86% des personnes séropositives dépistées et traitées sont en charge virale indétectable. Elles sont donc en bonne santé et ne transmettent plus, comme l'avait expliqué Aurélien Beaucamp, président de AIDES, en dévoilant en décembre dernier, la campagne de sensibilisation « Révélation ». Et pourtant, les réactions de rejet dans la sphère affective et sexuelle restent particulièrement importantes. « Autant de situations qui les enferment dans une forme d’auto-exclusion, ce qui est particulièrement dommageable pour leur qualité de vie et leur capacité à prendre soin de leur santé ».

Valentine Monceau
stophomophobie.com

 

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