Les probabilités de « développer » l’homosexualité, dans le QCM d’évaluation des facs italiennes de Médecine

Afin de juger du degré et de la valeur des apprentissages réalisés par les étudiants, la Conférence des présidents d’universités italiennes a mis en place, depuis 2008, des tests d’évaluation formative, à ne pas confondre avec l’examen d’état, qui lui permettent aussi d’optimiser ses stratégies et proposer des contenus et rythmes cohérents.

Dans les épreuves, ce 15 novembre, sur le diagnostic des maladies et comportements liés à proscrire, l’estimation du « pourcentage d’homosexuels dans la population ? ».

Soumis aux quelque 33 mille élèves et étudiants, la question a semé le trouble et la ministre de l’Éducation, Valeria Fedeli, a vivement réagi, atterrée que l’homosexualité, dépénalisée en 1890 en Italie et démédicalisée 100 ans plus tard par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), puisse être encore évoquée comme une « pathologie », notamment dans le cadre d’une démarche évaluative en médecine et chirurgie.

« C’est incroyable, inacceptable », d’une « gravité sans précédent », a-t-elle insisté dans son communiqué, en réclamant des sanctions immédiates et l’élimination de cette question, qualifiée d’« honteuse », des modalités du processus.

Sur les réseaux, Marco Grimaldi, conseiller régional dans le Piémont de « Sinistra italiana » (« Gauche italienne »), et l’avocate et activiste LGBTQ Cathy La Torre, qui s’étaient les premiers indignés du questionnaire, ont rappelé que l’homosexualité était une « variante naturelle du comportement humain », position scientifique et médicale dominante, s’inquiétant de l’avenir du système de santé italien qui préfère « inculquer l’homophobie » plutôt que d’œuvrer à la création d’environnements d’apprentissage « respectueux » des identités et expressions de genre et orientions sexuelles.

Terrence Katchadourian
stophomophobie.com