Législatives Act Up dénonce l'homophobie d'une candidate PS à Mayotte

Act Up Paris s’est indigné jeudi contre des propos tenus dans la profession de foi d’une candidate du PS à Mayotte, où celle-ci appelle à ne pas appliquer la future loi sur le mariage homosexuel, un engagement de François Hollande et du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Dans cette profession de foi, Ramlati Ali, candidate mahoraise investie dans la 1ère circonscription de ce département, déclare: « En ce qui concerne le mariage homosexuel, le même front commun va porter la voix des Mahorais pour obtenir la non-application de cette loi à Mayotte. Le mode de vie de la population mahoraise est à l’opposé des valeurs défendues par cette proposition ».

Act Up Paris a vivement réagi dans un communiqué, se demandant « pourquoi une candidate à la députation demanderait une exception pour un territoire de la République Française ».

« Si une candidate PS se permet ça, pourquoi des candidats tels que Christian Vanneste ne le demanderaient-ils pas pour le Pas-de-Calais? », a ironisé l’association de lutte contre le sida.

« Venant d’un parti qui s’est prononcé en faveur de l’égalité des droits pendant les présidentielles, une telle prise de position ouvertement homophobe est absolument intolérable », a ajouté Act Up qui « exige la destitution immédiate de Ramlati Ali par le PS ».

L’association « exige » aussi des « excuses publiques du Parti Socisliste, qui n’hésite pas à sacrifier les droits des LGBT sur l’autel de l’électoralisme ».

Contacté par l’AFP, Gilles Bon-Maury, président de Homosexualité et Socialisme (HES), a voulu « réagir avec retenue »: « je ne connais pas les faits autrement que ce que relate Act Up, la moindre des choses est d’en parler avec elle (la candidate, ndlr), le contexte local suppose d’être renseigné ».

Mais, a-t-il ajouté, « je suis attristé de voir qu’il y a encore des responsables socialistes encore à convaincre sur l’égalité des droits », rappelant que ces propos sont en « décalage avec le projet du PS ».

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait assuré le 17 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, qu’il mettrait en oeuvre l’engagement de François Hollande sur le mariage gay et l’adoption par des couples homosexuels.