Le pape François regrette « qu'on apprenne à des enfants que tout le monde peut choisir son genre »

Le pape François regrette « qu'on apprenne à des enfants que tout le monde peut choisir son genre »

>> Pope : It's 'terrible' children taught they can choose gender

Dans le compte rendu d’une conversation avec des évêques de Pologne, qui se serait tenue le 27 juillet dernier en marge des Journées mondiales de la jeunesse, le Pape François a une nouvelle fois regretté une forme de « colonisation idéologique », à propos de l'enseignement dans les écoles du concept du « genre », soutenue par des « pays très influents ».

Il ne mentionne pas lesquels, précise l'agence AP, qui relaye l'information publiée mardi par le Vatican, mais critique certains ouvrages fournis par des « personnes et des institutions qui donnent de l’argent », estimant que « nous vivons dans un moment d'anéantissement de destruction de l’homme en tant qu’image de Dieu », comme le martelait déjà son prédécesseur Benoit XVI, a-t-il souligné : « Il me disait : "Votre Sainteté, c’est l’époque du péché contre Dieu le créateur. Il est intelligent. Dieu a créé l’homme et la femme. Dieu a créé le monde ainsi et nous faisons le contraire" ».

« Aujourd'hui, et c'est terrible, on apprend à l’école à des enfants – à des enfants ! – que tout le monde peut choisir son genre. »

Posture classique pour le chef de l'Église catholique, qui évoquait déjà son raisonnement sur la question lors de sa tournée en Asie en 2015 et devant l'ONU, dans une allusion implicite à la théorie du genre et au mariage pour les personnes de même sexe, qui imposent, selon la position séculaire de l'Église, des « modèles de vie anormaux et irresponsables ».

Rappelons toutefois qu'on n'enseigne aucune « théorie du genre » dans les écoles, notamment en France. Il n'existe pas de « doctrine » unifiée, c'est un fantasme, même si des réflexions sont menées autour des questions d'égalité homme-femme.

Aucune réaction cependant concernant l'exhortation de ces parents d'homosexuels polonais, qui ont publié la semaine dernière une lettre ouverte adressée au Saint-Père pour réclamer son soutien dans la lutte contre la vague d'homophobie, qui sévit dans leur pays traditionnellement catholique : « Pourquoi les prêtres sont-ils autant homophobes ? »

Témoignage chrétien (TC) appelle également le Pape à s'engager dans les réformes. Dans une pétition, partagée depuis le mois dernier, le Journal suggère « l'abrogation de l’article 2357 du catéchisme », qui stigmatise les homosexuels et « à voter la dépénalisation universelle de l’homosexualité à l’ONU ».

« La répression pénale de l’homosexualité constitue un terrain propice au passage à l’acte meurtrier », insiste le journal, en revenant sur la terrible tuerie homophobe d'Orlando, qui ne doit pas « cacher la multitude des violences, morales ou physiques, subies par les gays et les lesbiennes à raison de leur orientation sexuelle dans le monde entier. »

« Face à l’horreur, il ne suffit pas de déplorer ni même de compatir, mais lutter et combattre ce qui conduit à la haine et au crime. »

« C’est la violence de l’exclusion qui est contraire à la loi naturelle, et rien d’autre », ajoutent les auteurs, précisant qu'ils ne sont pas un « lobby » mais « des hommes et des femmes, de toutes les orientations sexuelles, qui reconnaissons les personnes homosexuelles comme des frères et des sœurs, un groupe humain à part entière, qui lorsque la menace pèse, a droit à une protection active ».

Anne Soupa, présidente de la Conférence catholique des baptisés francophones (CCBF), avait déjà publié une tribune le 22 juin, pour demander à l’Église catholique de retirer le paragraphe en question, qui dit que : « S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que "les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés" (CDF, décl. " Persona humana " 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas. »

Des termes qui choquent d’autant plus Témoignage Chrétien, que le Catéchisme de l’Église catholique est un élément essentiel de la foi catholique.

« La haine ne doit pas passer par des textes ou des positions que l’on conserverait par fidélité à des usages anciens. Souvenez-vous de l’engagement éclatant et sans équivoque du pape Jean XXIII contre l’enseignement millénaire du mépris à l’égard du peuple juif. Notre temps a besoin de grandes voix pour lutter contre la violence et la haine. C’est pourquoi, chrétiens ou non, au-delà de nos appartenances spirituelles, ou de nos croyances, réunis dans notre commune humanité, nous vous lançons cet appel ouvert à la signature de tous, car tous sont concernés. Vous êtes l’une de ces voix, ne vous taisez pas », conclut la pétition, que nous vous invitons vivement à signer. Elle sera remise en temps voulu au nonce apostolique à Paris et au pape François.

Terrence Katchadourian
stophomophobie.org

>> Pope Francis has lamented that children are being taught at school that gender can be a choice, adding that his predecessor, Benedict XVI has labeled current times « the epoch of sin against God the Creator. »

Francis weighed in with his view on gender and what he said was that of the emeritus pontiff while meeting privately last week with bishops from Poland during his pilgrimage there. The Vatican released a transcript Tuesday of those closed-door remarks.

The pope said he wanted to conclude his remarks by reflecting on this: « We are living a moment of annihilation of man as image of God. »

Francis said: « Today, in schools they are teaching this to children -- to children! -- that everyone can choose their gender. »

Without specifying, he blamed this on textbooks supplied by « persons and institutions who donate money. » The pope blamed what he called « ideological colonizing » backed by « very influential countries » which he didn't identify.

One such « colonization » he said -- « I'll say it clearly with its first and last name -- is gender. »

The « colonization » theme is one he has railed against before, including during an Asian pilgrimage in 2015.

This time, though, he volunteered that he has discussed the gender issue with Benedict, who has lived at the Vatican since retiring in 2013.

« Speaking with Pope Benedict, who is well, and has a clear mind, he was telling me: 'Holiness, this is the epoch of sin against God the Creator.' He's intelligent! God created man and woman, God created the world this way, this way, this way, and we are doing the opposite, » Francis told the Polish bishops Wednesday shortly after his arrival in Krakow at the start of a five-day pilgrimage.

Francis' ended by telling the Polish bishops he wanted them to reflect on this: « We must think about what Pope Benedict said -- 'It's the epoch of sin against God the Creator.' »

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