La Tanzanie traque les homosexuels pour enrayer la progression du VIH : un ministre menace de « publier des noms »

La Tanzanie traque les homosexuels pour enrayer la progression du VIH : un ministre menace de « publier des noms  »

Le gouvernement mène des enquêtes contre « les syndicats de l’homosexualité », a affirmé sur Twitter le ministre adjoint tanzanien de la Santé Hamisi Kigwangalla, qui a menacé samedi de publier des noms d'homosexuels faisant prétendument « commerce » de leurs corps. Et « ceux qui pensent que cette campagne est une plaisanterie se trompent. Le gouvernement a le bras long et va arrêter tous ceux qui sont impliqués ».

Comme dans 38 des 54 pays d’Afrique, l'homosexualité est sévèrement réprimée en Tanzanie, jusque par la détention à perpétuité. Mais si les arrestations étaient rarissimes, depuis l'élection du président John Magufuli, en novembre 2015, les autorités ont adopté « une rhétorique anti-gay ».

Le commissaire général de la capitale économique Dar es-Salaam, Paul Makonda, a ainsi lancé en juillet dernier une campagne de répression particulièrement virulente, avec des descentes dans plusieurs discothèques de la ville, incitant même des militants à fermer leurs comptes sur les réseaux sociaux. Plusieurs sources policières ont confirmé les arrestations, précisant que les suspects pouvaient en outre subir un examen anal.

Dans la foulée et pour « enrayer la progression du VIH », le gouvernement a interdit l’importation et la vente de gels lubrifiants, dénoncés par la ministre de la Santé, du Développement des Communautés, du Genre, des Personnes âgées et des Enfants, Ummy Mwalimu comme « encourageant » les rapports homosexuels.

Ils sont utilisés et préconisés aussi pour les hétérosexuels. La maladie ne fait pas de discrimination. Mais selon la ministre, la prévalence de VIH-Sida étant estimée autour de « 23% chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes en Tanzanie », autant les décourager d'en avoir, en « retirant ces produits du marché ».

Et puis, après avoir supprimé en novembre son programme de prévention dédié, Jeudi, le gouvernement a également annoncé la fermeture de dizaines de centres de santé privés spécialisés dans la lutte contre le sida, accusés d’apporter des soins à la communauté gay.

« Nous avons suspendu la fourniture de services anti sida dans un peu moins de 40 centres gérés dans tout le pays par des ONG, après avoir établi que ces centres assuraient la promotion de l’homosexualité, ce qui est contraire aux lois de la Tanzanie », avait expliqué la ministre de la Santé lors d’une conférence de presse.

Le 28 juin 2016, une chaîne de télévision locale très populaire parmi les jeunes, Cloud TV, a diffusé une interview d’un homme de 28 ans qui évoquait son homosexualité, rapporte l'AFP. L’Autorité de régulation des communications (TCRA) les a contraints à diffuser ensuite des excuses dans leur journal pendant cinq jours.

Valentine Monceau
stophomophobie.com

>> Tanzania announced plans on Saturday to publish a list of gay people allegedly selling sex online. This comes just days after the government shut down dozens of AIDS clinics accused of promoting homosexuality.

Deputy Health Minister Hamisi Kigwangalla wrote on Twitter that his government was investigating « the homosexuality syndicate » and would arrest and prosecute those involved in the gay sex business.

« I will publish a list of gay people selling their bodies online, » Kigwangalla wrote. « Those who think this campaign is a joke, are wrong. The government has long arms and it will quietly arrest all those involved. Once arrested, they will help us find others. »

Under the Tanzanian penal code, sex between two males is highly punishable, ranging from 30 years to life imprisonment. There is, however, no such ban on lesbian relations.

Compared to its neighbor Uganda, Tanzanian politicians had not been focusing much on the gay community, until the recent increase of anti-gay rhetoric by the government.

Men suspected of being gay have been detained and taken to the hospitals for an anal test to find out if they are homosexuals. On Thursday, the government announced it was stopping many private health centers from providing AIDS-related services, accusing them of providing services to homosexuals.

« We have suspended the provision of HIV and AIDS services at at least 40 drop-in centers operated by NGOs countrywide, after it was established that the centers were promoting homosexuality, which is against Tanzania's laws, » Health Minister Ummy Mwalimu said in a press conference.

Last year, Mwalimu said it was estimated that 23 percent of men who have sex with men in Tanzania were living with HIV/AIDS.