Jean-Marie Le Pen se défend d'être homophobe, « d’ailleurs la plupart de mes collaborateurs sont homosexuels »

Jean-Marie Le Pen se défend d'être homophobe, « d’ailleurs la plupart de mes collaborateurs sont homosexuels »

Il est cité à comparaître par le parquet de Paris le 13 juin prochain, pour injure et incitation à la haine à raison de l'orientation sexuelle. En mars 2016, dans son « Journal de bord », il avait notamment affirmé que « l'abaissement des règles morales est une constante d'une société décadente, et je crois que la pédophilie, qui a trouvé ses lettres de noblesse... interdites, mais tout de même, dans l'exaltation de l'homosexualité, met en cause toutes les professions qui approchent l'enfance et la jeunesse ». Le 21 décembre suivant, interrogé par des journalistes du Figaro sur la représentation des gays au sein du Front national, Jean-Marie Le Pen déclarait que « les homosexuels c’est comme le sel dans la soupe, si y’en a pas assez c’est un peu fade, si y’en a trop c’est imbuvable ». Le 23 décembre, Mousse déposait plainte.

Dans un entretien, publié ce lundi sur le magazine « Friendly », Jean-Marie Le Pen revient sur les accusations. Il n’est « pas du tout homophobe », assure-t-il, « d’ailleurs la plupart de ses collaborateurs sont homosexuels ». Dans le fond, « c'est leur problème personnel, c'est un élément de leur personnalité, c'est leur choix intime que je respecte. »

« A partir du moment où les homosexuels ne mettent pas leurs mains dans ma braguette ou dans celle de mes petits-enfants, et qu'ils ne se promènent pas avec une plume dans le cul sur les Champs-Elysées, ça m'est égal ! », a-t-il encore estimé, réitérant ainsi, comme le souligne l'AFP, des propos déjà tenus « il y a quelques années ».

Tout en prenant ses distances avec Christine Boutin qui avait qualifié l'homosexualité d'« abomination », il se dit opposé à la « Gay Pride », mettant d'abord en scène des « exhibitionnistes », et contre le mariage pour tous, s'inquiétant « en tant qu'homme politique et démographe de principe et d'opinion » : de « la faiblesse de la natalité sur le continent européen et en France ».

« L'explosion démographique du monde a fait passer la population de 3 milliards à 8 milliards d'habitants en 50 ans, donc s'il y avait une généralisation du phénomène, cela entraînerait la disparition de l'espèce. Tant que l'homosexualité reste une fantaisie marginale, ça ne me gêne pas du tout, ça fait partie de la diversité humaine. »

Il assure en outre faire « la différence entre homosexuels et homosexualistes », qui « transforment leur choix sexuel personnel en idéologie politique », et note que les agressions homophobes « viennent généralement de la part des musulmans qui ont dans ce domaine un rigorisme plus marqué que d'autres religions ».

« Je ne suis pas sûr qu'être gay soit toujours une source de bonheur », ajoute-t-il. « Je pense que c'est souvent l'origine de souffrances diverses. Moi, je suis borgne par exemple, je fais avec ! »

Une « posture anticonfirmiste » à quelques jours du Congrès à Lille et de son éviction de la présidence d'honneur du FN, perçu à tort comme « anti-gay », regrette-t-il. « Vous ne pouvez pas dire ça dans un parti où il y avait Philippot et un certain nombre de personnes dont l'homosexualité était connue. Encore une fois, ce problème ne s'est jamais posé. Si le FN a fait l'objet d'attaques de la part de certains milieux (...) LGBT ou quelque chose comme ça, il ripostait. »

Rappelons que l'ex-dirigeant est également poursuivi pour avoir fustigé l'intervention du compagnon de Xavier Jugelé, lors des obsèques de ce policier assassiné sur les Champs-Élysées par un djihadiste : « Il m'a semblé qu'il y avait une équivoque.... La participation de son conjoint, le long discours qu'il a prononcé, a en quelque sorte institutionnalisé le mariage homosexuel, et l'exaltait de façon publique. Et ça m'a un peu choqué... Cette particularité familiale doit être tenue à l'écart de ce genre de cérémonie, qui gagnerait d'ailleurs à plus de discrétion ».

Joëlle Berthout
stophomophobie.com