Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front national, jugé pour injure publique et provocation à la haine homophobe

Il avait affirmé en mars 2016 dans son « Journal de bord », alors interrogé sur les affaires d'abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique, « l'abaissement des règles morales est une constante d'une société décadente, et je crois que la pédophilie, qui a trouvé ses lettres de noblesse... interdites, mais tout de même, dans l'exaltation de l'homosexualité, met en cause toutes les professions qui approchent l'enfance et la jeunesse ».

En décembre 2016, il récidivait, estimant sur le Figaro que « les homosexuels c'est comme le sel dans la soupe, si y'en a pas assez c'est un peu fade, si y'en a trop c'est imbuvable ». Et en 2017, il a qualifiait l'hommage à Xavier Jugelé, gardien de la paix assassiné dans un attentat jihadiste sur les Champs-Elysées, d'exaltation publique du « mariage homosexuel » : « cette particularité familiale doit être tenue à l'écart de ce genre de cérémonie, qui gagnerait d'ailleurs à plus de discrétion ».

L'association Mousse a donc porté plainte contre M. Le Pen, qui devait initialement comparaître ce 7 février 2018 devant la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris. Le procès a été reporté et s'ouvrira ce mercredi 13 juin.

Jean-Marie Le Pen revendique son droit à exprimer une opinion, assurant toutefois ne pas nourrir d'hostilité à l'encontre des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Il avait aussi assuré, en mars dernier, dans un magazine « friendly », n'être « pas du tout homophobe », la plupart de ses collaborateurs sont d'ailleurs « homosexuels », a-t-il justifié.

« Je fais bien la différence entre les homosexuels et les "homosexualistes" qui sont ceux qui transforment leur choix sexuel personnel en idéologie politique... A partir du moment où les homosexuels ne mettent pas leurs mains dans ma braguette ou dans celle de mes petits-enfants, et qu'ils ne se promènent pas avec une plume dans le cul sur les Champs-Elysées, ça m'est égal. »

Me Etienne Deshoulières, notre conseil et avocat de l'association Mousse, estime au contraire que les propos de l'ex-dirigeant frontiste constituent « une provocation inacceptable à la haine d'autrui et à la haine de soi. Ce discours fait naître chez les homosexuels une haine intime contre la composante essentielle de la personnalité que constitue leur orientation sexuelle. Ceux qui adhèrent aux idées politiques de Jean-Marie Le Pen sont les premières victimes de cette homophobie intériorisée ».


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