En Malaisie, deux jeunes femmes condamnées pour homosexualité reçoivent six coups de bâton et une amende

En Malaisie, deux jeunes femmes condamnées pour homosexualité reçoivent six coups de bâton et une amende

>> Malaysian court postpones caning of two women for lesbian sex

Elles avaient été arrêtées en avril, après avoir été « découvertes » dans une voiture sur une place publique de l'Etat très conservateur de Terengganu, dans le nord du pays. Âgées de 22 et 32 ans, les deux femmes ont reconnu avoir eu ensemble des relations sexuelles, ce qui est contraire aux lois de l'islam.

Condamnées à une amende de 3.300 ringgit (690 euros) et six coups de bâton, leur châtiment, reporté mardi dernier, pour « des raisons techniques », a finalement été appliqué, en dépit des protestations, ce lundi 3 septembre, à la Haute cour de la Charia de Kuala Terengganu, la capitale de l'Etat, a indiqué un responsable du tribunal, notamment cité par l'AFP.

C'est la première fois, selon des activistes, que des Malaisiennes reçoivent la « bastonnade » pour avoir enfreint les lois de l'islam réprimant les relations homosexuelles.

Gwen Lee, responsable d'Amnesty International en Malaisie, a dénoncé un châtiment « cruel et injuste », qui contribue « au sentiment d'impunité pour les personnes responsables d'actes homophobes », a également estimé Thilaga Sulathireh, du groupe de défense des droits des transgenres Justice pour les Soeurs, ainsi que Graeme Reid, d'Human Rights Watch.

Environ 60% des 32 millions d'habitants de la Malaisie sont musulmans. Leur pratique de l'islam est traditionnellement tolérante mais des crispations conservatrices se sont développées ces dernières années, à l'encontre particulièrement de la communauté LGBT. En 2017, le gouvernement malaisien a même lancé un concours sur « les pratiques de vie saine » offrant jusqu'à 1.000 dollars aux meilleures vidéos expliquant comment « éviter » l'homosexualité, interdite dans le pays. Quelques jours après, un étudiant de 18 ans, T. Nhaveen, était battu, violé, pendant plusieurs heures, et brûlé vif par « ses camarades de classe » qui le soupçonnaient d'être gay.

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