Egypte : une proposition de loi pour criminaliser l’homosexualité et ses « promoteurs »

>> MP drafts homophobic law to jail LGBT people or 'promoters' in Egypt

Tandis qu'Emmanuel Macron a refusé de donner la moindre « leçon » sur la question des droits de l'homme à son homologue « Al-Sissi », en visite ce 24 octobre à Paris, l'« Egypt Independent » annonce que le député Ryad Abdel Sattar a présenté, dès le lendemain, au président du Parlement égyptien, « un projet de loi » visant à criminaliser les personnes LGBT.

Son examen serait en cours et plusieurs élus l'auraient déjà approuvé, selon Abdel Sattar, qui espère ainsi « restreindre la présence des homosexuels dans la société égyptienne ».

Ils pourraient désormais encourir entre un et trois ans d'emprisonnement et jusqu'à cinq, en cas de « récidive ». « Promoteurs » et militants des droits LGBT également, entre un et trois ans, même s'ils ne sont pas « pratiquants ». L'homosexualité étant définie, au premier article du texte, comme « une relation sexuelle entre deux personnes du même sexe ».

Toute communication, publicité, à propos d'événements dédiés seraient systématiquement condamnées. Et les auteurs, organisateurs, médias et relais ou participants, emprisonnés pour trois ans. Les établissements qui auront accueilli ces rassemblements ou soirées, seront bien évidemment fermés. Et, signes, symboles, accessoires ostentatoires et « friendlies », étant interdits, les arborer ou les vendre exposerait là encore les « contrevenants » à un an minimum et trois ans de prison.

Actuellement, la législation pénale n'interdit pas l'homosexualité en Egypte mais les gays sont régulièrement arrêtés pour « débauche », « prostitution » ou condamnés pour « mépris de la religion ».

Et depuis l'incident suscité par ce drapeau « arc-en-ciel », agité par des festivaliers au Caire, pendant un concert du groupe libanais « Mashrou' Leila », les procès se multiplient.
65 homosexuels au moins ont été arrêtés entre septembre et octobre 2017 et plusieurs, « soumis » à des « examens rectaux ».

De tels traitements sont assimilés par l’ONU à des actes de torture. L'instance s'est d'ailleurs tout récemment déclarée « préoccupée » par cette situation, maintes fois dénoncée pourtant par les ONG, comme la « pire crise des droits humains qu’ait connue le pays depuis des décennies ».

« Al-Sissi a beau être président de la République d’Egypte, ici, en France, c’est un criminel au regard des conventions internationales sur la protection des droits de l’homme », a déclaré Etienne Deshoulières, avocat de notre partenaire Mousse, qui a déposé plainte contre le Chef d'état pour « torture », ce mercredi 25 octobre, devant le Procureur de la République de Paris.

Rappelons que l’homosexualité est toujours condamnée dans au moins 75 pays, dont 13 qui prévoient la peine capitale. Votre soutien est essentiel pour nous permettre de poursuivre au mieux nos actions. Faites un don, adhérez aux associations, nous avons besoin de tou·te·s.

Valentine Monceau
stophomophobie.org

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