Ecosse Mentir sur son identité de genre peut mener en prison

Chris Wilson a été jugé à Aberdeen pour avoir eu des relations sexuelles avec une ado. Il lui avait caché qu’il était trans FTM. Sa condamnation crée un dangereux précédent, selon une association.

«Obtention frauduleuse d’intimité sexuelle». C’est sous cet étrange chef d’accusation que Chris Wilson a été condamné, mercredi, par un tribunal d’Aberdeen (Ecosse). Le jeune homme, trans FTM, a été libéré sous caution en attendant l’annonce du verdict. Il pourrait recevoir une peine de prison.

Mises en garde
En 2008, Wilson avait noué une relation avec une adolescente, âgée de 15 ou 16 ans au moment des faits, sans lui révéler qu’il était transsexuel. Il avait, en outre, menti sur son âge, prétendant qu’il avait 17 ans, alors qu’il en avait 20. Wilson et son amie avaient eu des rapports sexuels – la première expérience de la jeune fille. Wilson avait employé un godemiché sans que sa partenaire ne s’en aperçoive. Pour sa défense, il a souligné que son amie, très amoureuse, était impatiente de faire l’amour avec lui. Il a également expliqué avoir été élevé en tant que garçon, ajoutant qu’il prévoyait de subir bientôt une opération de réassignation. L’adolescente a appris l’identité de genre de Wilson après qu’une jeune femme lui a fait parvenir une photo du passeport de son ami, levant le voile sur le prénom complet de Wilson: Christine. Elle avait auparavant été mise en garde par des amies, mais n’avait pas voulu les croire, confortée par les dénégations de Wilson lui-même. Après avoir découvert la vérité, «elle a passé sa journée à se baigner et à prendre des douches», a expliqué son avocate devant la Cour, selon le «Daily Telegraph».

Précédent
Une association trans locale, la Scottish Transgender Alliance a exprimé son inquiétude quant au jugement du tribunal d’Aberdeen et à son écho dans la presse populaire. «Nous sommes très inquiets, parce que cela crée un précédent qui pourrait forcer à révéler leur parcours de trans à des partenaires sexuels.» Cela pourrait signifier, poursuit l’activiste Jane Fae (interrogée par Gay Star News), qu’«un homme ou une femme trans court le risque, si leur partenaire découvre son statut, d’être traîné devant un tribunal.»L’association a demandé à la Justice d’apporter des clarifications au jugement.

De fait, l’affaire Wilson intervient un an après un cas similaire, jugé en Angleterre. Gemma Barker, un jeune trans de 19 ans atteint de troubles psychiatriques, avait créé trois profils masculins sur des réseaux sociaux afin de flirter avec deux jeunes femmes. Il avait été arrêté après qu’une rencontre avec une de ses correspondantes avait mal tourné. Il avait écopé à 30 mois de prison ferme pour «agression sexuelle» et «fraude».

source:http://360.ch/