Des centaines de leaders religieux appellent à bannir les « thérapies de conversion » et lois criminalisant les LGBT+

Des centaines de leaders religieux appellent à bannir les « thérapies de conversion » et lois criminalisant les LGBT+

Près de 400 dignitaires religieux de 35 pays, toutes confessions confondues (chrétiens, juifs, musulmans, sikhs, hindous, bouddhistes), parmi lesquels l’ancien archevêque anglican Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et l’évêque de Liverpool James Jones, ont appelé dans une lettre ouverte les gouvernements à mettre un terme aux violences et lois criminalisant les populations LGBT+, et à interdire les « thérapies » dites de « conversion » qui prétendent soigner, guérir ou transformer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne. « Ces pratiques sont néfastes et doivent-être proscrites ! », écrivent les signataires.

La déclaration a été publiée ce mecredi 16 décembre par la fondation britannique Ozanne, à l’occasion d’une conférence organisée à Londres. « Ce n’est encore qu’un petit pas dans la lutte contre l’homophobie, mais l’étape était nécessaire », a réagi l’ancienne présidente irlandaise Mary McAleese, membre éminent de l’Église catholique romaine et signataire de la lettre. Il s’agissait de rappeler aux systèmes religieux mondiaux et aux fidèles croyants qu’ils ont une obligation envers leurs concitoyens, qui ont droit au respect et à la dignité de leur humanité et droits fondamentaux, a-t-elle ajouté.

Comme le constate en effet l’organisation internationale ILGA, dans son rapport annuel paru ce 15 décembre, si les droits des LGBT+ ont progressé en 2020, 69 des 193 États membres de l’ONU continuent de criminaliser les relations consensuelles entre personnes de même sexe, dont six de la peine de mort. De même, si certains pays comme le Brésil, l’Équateur, Malte ou l’Allemagne ont banni les « thérapies » de conversion, elles restent dispensées, souvent au nom de la foi, partout dans le monde.

Les signataires le reconnaissent d’ailleurs, et « avec un profond regret ». Les enseignements religieux à travers les siècles « ont causé une profonde douleur aux personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queer et intersexués », et l’offense perdure. « Ce serait charmant de le nier mais nous avons encore beaucoup de choses à nous reprocher », a également commenté Laura Janner-Klausner, ancien rabbin principal du judaïsme réformé. « Ce sont bien nos traditions qui ont motivé ces pratiques et thérapies de conversion ».

Pour l’imam Muhsin Hendricks aussi, « la communauté musulmane est prête à cette conversation ». Fondateur de la première moquée « arc-en-ciel » à Cape Town, en Afrique du Sud, il forme actuellement à ces questions six imams de différentes régions d’Afrique. Il aurait été improbable de le faire il y a encore 10 ans, s’enthousiasme-t-il. « Je pense donc que notre communauté est prête ».

« Un pas important vers l’égalité », salué par la ministre britannique des Affaires étrangères, Wendy Morton, qui soutient cet appel contre les violences, discriminations et « la criminalisation en cours des relations homosexuelles dans 69 pays », a-t-elle insisté, qualifiant pour conclue, les thérapies anti-LGBT+ de « pratiques odieuses à abolir ».

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