Cherbourg : six mois de suspension pour un médecin qui cautionnait l’extermination des homos et handicapés

« Cyanure » ou encore « stérilisation », il aurait exposé ses thèses en janvier dernier, devant une infirmière et un patient, évoquant la solution finale des nazis pour les homosexuels et handicapés : ces « neuneus » qui n'auront été utiles qu'en tant que « cobayes » aux allemands.

Des propos « cyniques, désabusés et philosophiques », échangés dans un « cadre privé », a-t-il expliqué sans rien nier lors de sa convocation devant la chambre disciplinaire des médecins de Basse-Normandie ce 24 juin, si ce n'est que ses paroles ont été sorties de leur contexte et mal-interprétées. Une « provocation forcée » à poursuivre, devant le silence « coupable » de l’infirmière, avait même affirmé son avocat.

Mais les arguments n’ont pas convaincu le conseil de l'Ordre qui, estimant que les déclarations du praticien avaient bien été tenues pendant son service, les a qualifiées de « contraires au respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité ainsi qu’au principe de moralité ».

Jean-François Pion a donc été condamné ce vendredi 7 juillet à six mois d'interdiction d'exercer, dont trois avec sursis, à compter du 9 octobre prochain.

Une peine moins lourde que la radiation réclamée par l’agence régionale de santé (ARS) qui avait saisi le Conseil de l'Ordre, mais « injuste » et « portant atteinte à la personne », selon Frédéric Bastian, président de l'association SOS Médecins de Cherbourg, pour qui le généraliste de 55 ans travaillait également.

Il s'est refusé à tout commentaire et son avocat n'a pas indiqué s'il ferait appel de la sanction. Mais d'autres procédures sont en cours, le parquet de Cherbourg ayant par ailleurs été saisi du dossier pour « apologie du nazisme ».

Valentine Monceau
stophomophobie.com

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