Bébés « Thalys »: une démarche interdite aux couples homosexuels français

Chaque année, près de 900 couples de femmes affluent de France vers la Belgique pour avoir accès à la procréation médicalement assistée, la PMA. Une démarche… illégale car la PMA est interdite aux couples homosexuels français. Seules les mères biologiques peuvent donc reconnaître ces enfants surnommés les bébés « Thalys« .

Mais depuis un an, la loi sur le mariage pour tous ouvre l’adoption au couple homosexuel : l’espoir pour ces femmes de voir leur maternité légalement reconnue… Un vide juridique qui fait pourtant planer le doute sur ces familles homoparentales.

Dans la clinique de la fertilité de l’hôpital Erasme, deux Françaises sortent de la salle de consultation. Sous couvert de l’anonymat, elles acceptent de témoigner. En couple depuis treize ans, elles ont mûrement réfléchi avant de venir ici concevoir un enfant. « On a décidé d’aboutir à ce projet parce qu’on a un réel désir de fonder une famille. Ca fait partie de notre projet de vie », témoigne l’une d’elles. « Je compte adopter l’enfant, je ferai tout ce qu’il faut pour être parent. Pas biologique, mais parent de coeur, de tous les jours » explique cette autre dame.

Mais une décision de justice les inquiète: le tribunal de grande instance de Versailles a trouvé une faille dans la loi et a refusé une demande d’adoption. La raison: l’enfant né grâce à la PMA en Belgique serait illégalement conçu. « On plaçait beaucoup d’espoir dans cette loi… on a été très déçues mais aussi très en colère de cette décision ».

Pour le chef de la clinique de la fertilité, la décision du tribunal est dure à comprendre: « Finalement, c’est priver ces enfants d’avoir des droits comparables aux enfants de couples hétérosexuels. C’est être stigmatisé comme étant conçu dans l’illégalité ».

Malgré l’incertitude qu’a créé ce jugement, les Françaises continuent de se rendre en Belgique pour construire une famille.

RTBF