Afrique Le Malawi suspend une loi anti-gay dans l'attente d'un débat parlementaire

Le Malawi a décidé de suspendre une législation pénalisant l’homosexualité dans l’attente des résultats d’un débat parlementaire sur le sujet, rapporté lundi la presse locale citant le ministre de la Justice Ralf Kasambara.

L’association de défense des droits de l’homme Amnesty International s’est félicitée lundi de cette annonce, parlant d’un « pas en avant historique ».

« Il y a un moratoire sur ces lois, ce qui veut dire que la police ne va arrêter ou poursuivre personne sur la base de ces lois », a déclaré récemment le ministre sur la radio privée Zodiac, en marge d’un débat avec des défenseurs des droits des homosexuels.

Les lois interdisant l’homosexualité au Malawi « ne seront pas appliquées tant que le parlement n’aura pas pris une décision », a ajouté Ralf Kasambara.

« Amnesty International se félicite des déclarations du ministre Kasambara », a déclaré le directeur de l’association pour l’Afrique australe, Noël Kututwa.

Amnesty, ajoute-t-il, « espère que cela sera un premier pas vers la fin de la discrimination et de la persécution fondée sur l’orientation sexuelle, réelle ou supposée ».

Au Malawi, le code pénal punit d’une peine maximum de 14 années d’emprisonnement les relations sexuelles entre hommes, et de cinq pour les femmes.

La présidente Joyce Banda, arrivée au pouvoir en avril, avait d’abord promis d’abolir la législation anti-gay, puis elle a finalement demandé que le parlement examine les lois controversées, compte tenu du caractère extrêmement sensible du sujet dans son pays.

L’homosexualité est un délit dans de très nombreux pays d’Afrique, où elle est punie de prison.