STOP homophobie a déposé plainte après les propos tenus sur le réseau social X par son propriétaire Elon Musk, dans lesquels il s’en est pris à la justice française en utilisant une expression à caractère homophobe.
Dans plusieurs messages publiés en français sur sa plateforme, le milliardaire américain a vivement critiqué la justice française dans le cadre d’une enquête visant son réseau social. Il a notamment qualifié les magistrats de « plus faux qu’un euro en chocolat » et employé l’expression « plus pédés qu’un flamant rose en tutu fluo », utilisée de manière injurieuse.
La plateforme X fait actuellement l’objet d’une procédure judiciaire en France. Depuis janvier 2025, le parquet de Paris enquête sur de possibles infractions liées à la diffusion de contenus illicites en ligne, notamment des images à caractère pédopornographique ainsi que des contenus générés ou relayés via des outils d’intelligence artificielle. L’enquête a franchi un nouveau cap début mai 2026 avec l’ouverture d’une information judiciaire confiée à un juge d’instruction.
Elon Musk et l’ancienne directrice générale de X, Linda Yaccarino, sont visés en leur qualité de dirigeants de fait et de droit de la plateforme au moment des faits, selon les autorités judiciaires françaises.
Dans sa plainte, STOP homophobie estime que les propos litigieux dépassent les limites de la liberté d’expression et relèvent de l’injure publique à caractère homophobe. Pour Me Étienne Deshoulières, avocat de l’association, « l’injure homophobe est caractérisée dès lors que la charge injurieuse des propos rejaillit sur le groupe protégé par la loi ». Il rappelle notamment une décision du tribunal de police de Paris dans une affaire impliquant Patrice Evra, qui avait été condamné pour des propos associant une insulte à caractère homophobe.
L’association considère que l’usage d’une expression à connotation homophobe contribue à banaliser des stéréotypes et des représentations dénigrantes envers les personnes LGBT+, même lorsque celles-ci ne sont pas directement visées. Elle souligne également que l’impact de tels propos est renforcé lorsqu’ils sont tenus par une personnalité disposant d’une audience mondiale sur les réseaux sociaux.
STOP homophobie demande en conséquence que des suites judiciaires soient données à ces propos et appelle à une réponse qui ne soit pas uniquement pécuniaire, mais qui puisse également inclure des mesures visant à renforcer la lutte contre les contenus discriminatoires sur la plateforme X, conformément aux obligations prévues par le droit français et européen.
En France comme au niveau de l’Union européenne, les réseaux sociaux sont en effet soumis à des obligations renforcées de modération des contenus, notamment via le Digital Services Act, qui encadre la diffusion de contenus illégaux ou haineux en ligne.
Pour STOP homophobie, cette affaire illustre la persistance de propos LGBTphobes dans l’espace public numérique, y compris lorsqu’ils émanent de figures majeures de la tech mondiale. L’association souligne la nécessité de lutter contre la banalisation des expressions discriminatoires, quel que soit le contexte dans lequel elles sont employées.
















