France : près de 80 000 mariages entre personnes de même sexe depuis 2013

Près de 80 000 mariages entre personnes de même sexe ont été célébrés en France depuis l’ouverture du mariage aux couples homosexuels en 2013, selon les données de l’Insee. En 2024, ces unions représentent 3 % de l’ensemble des mariages, une proportion stable depuis près d’une décennie.

Au total, 6 750 mariages entre personnes de même sexe ont été enregistrés en 2024. Après un pic dans les premières années ayant suivi la loi, lié à un effet de rattrapage, le nombre d’unions s’est progressivement stabilisé autour de 6 000 à 7 500 par an.

Une réforme désormais ancrée

Adoptée en 2013, la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe a marqué une évolution majeure du droit français, en consacrant l’égalité des droits entre les couples. Treize ans plus tard, cette réforme s’est inscrite durablement dans les pratiques sociales.

Les mariages entre personnes de même sexe restent minoritaires, mais leur part n’évolue plus significativement, signe d’une normalisation de ces unions dans le paysage matrimonial.

Une avancée réelle, mais une égalité encore incomplète

Pour l’association STOP homophobie, ces chiffres témoignent d’une avancée importante, sans pour autant refléter l’ensemble des réalités vécues.

« La stabilisation des mariages entre personnes de même sexe montre que le mariage pour tous est aujourd’hui pleinement entré dans les pratiques sociales. C’est une avancée majeure, obtenue de haute lutte, qui a permis à des dizaines de milliers de couples de voir leur amour reconnu par la loi », souligne Terrence Khatchadourian, secrétaire général de l’association.

Il appelle toutefois à ne pas se limiter à cette lecture statistique : « Derrière ces chiffres, il y a aussi une réalité plus contrastée. Les personnes LGBT+ continuent de faire face à des discriminations, des violences et des inégalités, y compris dans l’accès aux droits, à la parentalité ou dans la vie quotidienne. »

Des profils qui varient selon les couples

Les données les plus récentes mettent en évidence des différences selon la composition des couples.

Les couples d’hommes apparaissent plus urbains et plus mobiles. En 2024, un sur dix réside à Paris, soit une proportion trois fois plus élevée que pour les couples de femmes ou les couples hétérosexuels. Ils sont également plus nombreux à se marier hors de leur département de naissance, dans 55 % des cas, contre 44 % pour les couples de femmes et 43 % pour les couples de sexe différent.

Les écarts d’âge entre conjoints sont aussi plus marqués chez les couples d’hommes, avec une moyenne de 7 ans, contre 4,8 ans pour les couples de femmes et 4 ans pour les couples hétérosexuels.

Une égalité consolidée, dans un contexte international contrasté

En France, le mariage entre personnes de même sexe apparaît aujourd’hui comme un acquis consolidé. Cette stabilité intervient toutefois dans un contexte international contrasté. Si de nombreux pays européens reconnaissent désormais ces unions, d’autres continuent de les exclure du droit, voire de restreindre plus largement les droits des personnes LGBT+.

« Alors que certains pays progressent, d’autres reculent ou criminalisent encore les personnes LGBT+, la France a une responsabilité : défendre ces droits, ici comme ailleurs », rappelle STOP homophobie.

Treize ans après son adoption, la loi de 2013 a ainsi durablement transformé le cadre juridique français. Les données de l’Insee confirment que ces mariages, bien que minoritaires, font désormais pleinement partie des formes d’union en France.