Un papa violemment insulté parce que son fils voulait une poupée à Noël : « je n’ai jamais subi l’homophobie mais là, je l’ai vue... »

Un papa violemment insulté parce que son fils voulait une poupée à Noël : « je n’ai jamais subi l’homophobie mais là, je l’ai vue... »

Au cœur d'un déferlement de propos haineux depuis qu'il a annoncé sur Twitter que son petit garçon de 4 ans n'osait pas demander une poupée pour Noël, Guillaume Champeau, par ailleurs journaliste, dénonce dans un article sur le site Medium les ravages de la ségrégation des jouets selon le genre, qui conditionne et limite d'autant la créativité et le potentiel des enfants, que les commentaires homophobes et sexistes, impunément menaçants, parmi les retweets bienveillants de son post.

« "Il est pd ton fils", "c une pauvre zoulette", "UNE futur tapette", "achète lui des Power Ranger", "fais le devenir un bonhomme au lieu de faire l'inverse", "Vraiment incurable cette maladie", "Et si ton fils veut une robe et se maquiller tu serais d accord ? Le plus drôle c que tu en ai fier", "Donc ton fils il avait lui même déjà le bon raisonnement et les bons remords toi tes arrivé t'as tt niquer" : J’ai reçu des centaines de messages de ce genre. Je m’arrête là mais je pourrais en citer des tonnes et des tonnes », explique ce père de famille.

N’étant pas homosexuel, il n'avait jamais subi l’homophobie, « mais là, je l’ai vue de mes propres yeux, toutes les minutes ou presque, s’égrainer toute la journée sur mon écran Tweetdeck. J’ai aussi vu à quel point c’était "communautaire" et ça m’inquiète beaucoup ».

C’est la première fois cette année que son fils faisait vraiment sa liste de Noël, « avec les catalogues », et « je l’ai fait avec lui », mais, « quand on est arrivé sur les pages en rose avec les poupées et autres jouets réputés "pour fille", il m’a demandé si c’était pour les filles puisque c’était en rose. Moi, j’ai répondu sans trop réfléchir "c’est plutôt pour les filles, mais tu peux très bien avoir ça si tu veux, c’est aussi pour les garçons". Et il a tourné la page et on est passé à autre chose. »

Quelques jours plus tard, le petit garçon réitère le soir après l’école, alors que toute la famille est à table, et « avec une petite voix » demande si les poupées c’est vraiment uniquement pour les filles ?

« Là, j’ai compris qu’il en voulait une mais qu’il avait l’impression de pas avoir droit, à cause de son sexe. Donc avec ma femme on lui a dit que non, c’était pour tout le monde, et que s’il en voulait une, il suffisait de demander au père Noël. "Laquelle tu voudrais ?". Sur son visage, sourire de soulagement, yeux pétillants, et il commence à parler de la poupée Reine des Neiges, ou de la Barbie Arc-en-ciel. Il avait gardé ça en lui », poursuit Guillaume Champeau, en insistant sur « la symbolique de l’effet que peuvent avoir les couleurs rose ou bleu sur un catalogue de Noël, et la responsabilité que ça induit chez les commerçants. »

« Avec ma femme, nous ne sommes pas des militants conscients et actifs de l’égalité entre les genres. A la maison, c’est moi qui bricole et qui m’occupe des travaux extérieurs, et c’est elle qui fait à manger et qui fait la lessive. Mais c’est aussi moi qui fait le ménage, et elle qui s’occupe d’aller regonfler les pneus ou d’aller discuter avec le garagiste. On ne s’est pas reparti les tâches en fonction de nos genres, mais en fonction de ce qu’on aimait ou détestait faire. Et pour être honnête, elle en fait plus que moi., comme dans la plupart des foyers.

Quand nous avons eu notre fils, on ne s’est pas posé la question de qui devait s’occuper de quoi. On lui a tous les deux changé les couches, tous les deux donné à manger, tous les deux donné le bain, etc. A tour de rôle, quand l’un voulait, ou quand l’autre ne pouvait ou ne voulait pas. C’était juste naturel.

Pour son éducation, on a appliqué le même principe, sans même se le dire. Il ferait ce qu’il aimerait faire, point. Et il aurait ce qui lui plairait comme jeux, sans préjugés. Il a donc eu des voitures, des camions, des épées, des ballons, des spiderman… mais aussi une dinette, une poupée à qui donner le biberon, une poussette, un aspirateur… Jamais on ne lui a dit "c’est pour les filles" ou "c’est pour les garçons". On part du principe que s’il veut un jouet, c’est qu’il en a envie, donc inconsciemment qu’il en a besoin pour son équilibre et son développement (évidemment dans la limite de pas devenir pourri-gâté, mais c’est un autre débat) », poursuit le journaliste.

Et s'il n'est pas pour la censure, estimant qu'elle est « contre-productive », même pour « les imbéciles », et qu’affronter la réalité des discours permettait de mieux leur répondre, il insiste néanmoins sur la teneur du travail qu'il reste à faire, soulignant toutefois pour conclure que le père Noël avait bien évidemment « reçu commande d’une poupée ».

Terrence Katchadourian
stophomophobie.com

1 Comment

  1. Quel rapport entre “vouloir une poupée à Noël” et “l’homophobie” ? Là, je ne vois pas bien… Cela m’a toujours posé question, cette transmission-contagion des structures mentales les moins évoluées: ça m’intéresserait de lire des études sociologiques là dessus, je ne sais pas si ça existe, je veux dire depuis le bouquin de Bourdieu sur le sexisme.

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