Lesbienne, pro-européenne, Ana Brnabic, première femme investie à la tête du gouvernement Serbe (VIDEO)

 

Elle tenait depuis août 2016 le portefeuille de l’Administration d’Etat et de l’Autonomie locale. Un poste clé dans cette ex-république yougoslave de 7,1 millions d’habitants, candidate depuis 2012 à l’adhésion à l’Union européenne. Nommée ce jeudi 15 juin par le président Aleksandar Vucic au poste de premier ministre, Ana Brnabic est devenue à 41 ans la troisième dirigeante européenne ouvertement homosexuelle en activité et la première femme à occuper cette fonction dans l’histoire de cet Etat des Balkans, profondément conservateur et ostensiblement homophobe.

« Servir mon pays est pour moi le plus grand honneur. Je travaillerai avec dévouement et de manière responsable avec beaucoup d'amour et d'honnêteté », a réagi l'élue, dont la désignation devrait être approuvée la semaine prochaine par le Parlement, où le camp présidentiel dispose d'une large majorité.

Un souffle d'espoir, vivement salué par la presse internationale et les organisations LGBT, mais fustigé par l'opposition, qui dénonçait depuis l'arrivée au gouvernement de la jeune femme, par ailleurs sans étiquette politique, « une manœuvre » du chef de l'Etat, accusé d'autoritarisme et vouloir asseoir son emprise en renvoyant l'image d'une Serbie « tolérante, libérale et ouverte ». Certains élus réclamaient encore récemment la nomination d’un « père de famille ».

Des « déclarations inadéquates, irresponsables et sans aucun doute discriminatoires », pour Ana Brnabic qui, sans être une militante, a rappelé que l’homophobie restait effectivement un problème en Serbie, mais que « la situation s’améliorait lentement ».

« Je ne comprends pas en quoi mon orientation sexuelle est si importante. Ce qui est important, c’est la capacité professionnelle à accomplir un travail honnête, à aimer sa patrie et à travailler dans le plus grand intérêt de son pays », a-t-elle ajouté.

L’homosexualité n’est plus un délit en Serbie depuis 1994, mais reste considérée comme une « maladie mentale » et les agressions liées, très légèrement sanctionnées.

L’an dernier, la Pride de Belgrade s'est déroulée sans incident mais sous haute protection. Quelque 900 participants pour 5 000 policiers. Dispositif moins imposant toutefois que pour la Marche de 2014, cernée par des véhicules blindés.

En 2010, la manifestation s’était terminée dans le sang. Et les éditions suivantes annulées, après les menaces d'ultranationalistes, soutenus par le clergé orthodoxe. En 2001, la première s'était déjà soldée par de violents affrontements.

Anne V. Besnard
stophomohobie.com

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