Russie : un projet de loi pour « sanctionner le coming out », rejeté à l'unanimité par le comité de la Douma (VIDEOS)

Russie : un projet de loi pour « sanctionner le coming out », rejeté à l'unanimité par le comité de la Douma (VIDEOS)

>> Russian State Duma Committee Comes Out Against Antigay Bill

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Durcir encore la législation déjà controversée qui interdit la « propagande des relations sexuelles non traditionnelles devant mineur », en sanctionnant les hommes qui se déclarent publiquement « homosexuels » et toute manifestation d’affection échangée entre personnes du même sexe en public : c’était le projet présenté le 23 octobre dernier par Ivan Nikitchouk et Nikolaï Arefiev, députés du Parti communiste (PC), qui prévoyaient notamment des amendes, pouvant aller jusqu’à 5000 roubles, un peu moins de 60 euros, avec peines de prison si circonstances aggravantes.
S’exprimant dans les médias, les deux élus avaient d’ailleurs qualifié l’homosexualité de « menace mortelle pour toute l’humanité », estimant que la loi adoptée en 2013 était inefficace !
Considérée comme « superflue » par Le parti au pouvoir, Russie unie (ER), cette nouvelle mesure « trop proche de la législation actuelle », n’aura toutefois pas été approuvée par la commission parlementaire de ce 18 Janvier 2016, qui l’a rejetée en première lecture et à l’unanimité, indique également Dmitri Goudkov, l’un des rares députés de la Douma anti-Poutine.

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Вот так выглядело обсуждение на Комитете законопроекта о запрете «публичных проявлений гомосексуализма». Ответа на вопрос, как отличить поцелуй Брежнева от поцелуя Чайковского, я так и не получил.

“Гомосексуализм – болезнь заразная”, – Иван Никитчук на заседании Комитета.

Законопроект отклонили по формальным основаниям.

Posté par Dmitry Gudkov sur lundi 18 janvier 2016

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Prenant la parole, Ivan Nikitchouk, 71 ans, a furieusement fustigé l’assemblée, déclarant que certains parlementaires devaient avoir « le cerveau endommagé et par conséquent une sexualité contre nature », pour ne pas réaliser la gravité des conséquences de leur décision : « Comme la drogue ou l’alcoolisme… l’homosexualité est une maladie dangereuse, et contagieuse de surcroit, notamment pour les jeunes hommes plus vulnérables. Si nous ne réagissons pas, rien ne saurait ensuite contraindre qui que ce soit à laisser libre court à ses penchants. Ce qu’ils font en privé ne nous concerne pas, mais en public, il est nécessaire de punir », a t-il encore ajouté, provoquant l’agacement du président du Comité de la Douma, Vladimir Pliguine, qui a souligné qu’en Russie, « les hommes ne se tiennent pas par la main pour marcher dans la rue, ni d’ailleurs ne se vernissent les ongles. »

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Rappelons qu’aux termes de la première loi, une personne physique accusée de « propagande homosexuelle » est passible d’amendes de 4 000 à 5 000 roubles (100-125 euros). Une personne dépositaire de l’autorité publique risque une amende de 40 000 à 50 000 roubles (1 000-1 250 euros) et une personne morale, de 800 000 à un million de roubles (19 000-23 500 euros). Les sanctions sont encore plus sévères si cette « promotion » est effectuée sur internet. Et les organisations et autres entités juridiques risquent une suspension de leurs activités jusqu’à 90 jours.
Les étrangers, quant à eux, pourront également être détenus une quinzaine de jours, avant d’être expulsés avec une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 roubles.

Terrence Katchadourian
stophomophobie.org

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>> The Russian State Duma Committee on Constitutional Legislation and State-Building has declined to endorse a controversial draft bill that would introduce fines and arrests for people who publicly express their homosexuality.

The parliamentary committee on January 18 advised that the Duma unanimously vote against the bill in the event it reached a first reading.
The bill, initiated by lawmakers from the Communist Party and condemned as discriminatory by human rights activists, called for fines of up to 5,000 rubles (about $65) for publicly expressing “nontraditional sexual orientation.”
The bill also proposed punishing those who express homosexuality at educational or cultural institutions with arrest and up to 15 days in jail.
Communist lawmaker Igor Nikitchuk, one of the bill’s authors, defended the legislation during a meeting of the committee, calling homosexuality a “contagious disease” and a “threat to society,” as other lawmakers snickered.
Lawmaker Dmitry Gudkov, a rare anti-Kremlin opposition politician in the State Duma, wrote that the recommendation to reject the bill was made for “formal reasons.”
The ruling United Russia party reportedly considered the law superfluous and too close to existing legislation.

In 2013, the State Duma passed the so-called gay-propaganda law, which banned “propaganda of nontraditional sexual relations” among minors. The controversial law received international condemnation but enjoyed popularity in Russia and fueled homophobic attitudes.

Speaking at the committee meeting on January 18, Nikitchuk said that “there is a group of people who, in our opinion, have a damaged psyche, and as a result have deviated from their sexual orientation.”
“This is an illness on a level with drugs and alcoholism and other illnesses,” he added. “What’s more, this illness is contagious. For a young man with an unformed psyche, it represents a serious threat.”
A lawmaker from the Liberal Democrat Party of Russia (LDPR) could be seen in the video chiding Nikitchuk, arguing that the bill was conversely drawing attention to lesbian, gay, bisexual, and transgender (LGBT) issues rather than covering them up, as Nikitchuk apparently intended.

Gudkov posted a video of the committee meeting on his Facebook page, calling the discussion “lively.”
After the powerful chairman of the committee, Vladimir Pligin, said he would not back the legislation, Nikitchuk warned against a vote of no support, saying: “Think about the signal that you are sending to society.”
Nikitchuk held up a folder full of what he said were statements of support for the draft bill from the public.
“Men don’t walk hand-in-hand in Russia,” he declared. “Men don’t walk around with painted nails.”
Ahead of the vote, Nikitchuk told RFE/RL’s Current Time television that the legislation would “not stop people from doing what they want to do.”
“Behind closed doors, under the bed, under the bedclothes, wherever, put your penis where you want,” he said. “But we consider it unacceptable to demonstrate these abnormal yearnings in public.”