« Plus d'un million de personnes vivent avec le VIH en Russie », selon le responsable du centre fédéral AIDS

« Plus d'un million de personnes vivent avec le VIH en Russie », selon le responsable du centre fédéral AIDS

>> Russia at AIDS epidemic tipping point as HIV cases pass one million - official

Pour la première fois de son histoire, la Russie a atteint le seuil du million de personnes qui vivent avec le VIH. Le prix d'une politique sanitaire désastreuse. C'est Vadim Pokrovsky, président du Centre Fédéral AIDS de Russie et opposant notoire à la politique du Kremlin, qui lance l'alarme ce lundi.  Cité par l'agence Reuters, il assure que cette donnée est sous-évaluée

En réalité, un million et demi de Russes pourraient être séropositives. Cela représente environ 1 % de la population russe, composée de 144 millions d'habitants. Un taux édifiant, bien au-delà de ceux enregistrés dans les autres pays d'Europe, exceptée l'Estonie. Par comparaison, en France, on estime que 150 000 personnes vivent avec le VIH.

« L'épidémie se renforce », déplore Vadim Pokrovsky, cité par l'agence Reuters. « Malheureusement, les mesures qui ont été prises n'ont pas suffi ».  En 2014, 90 000 personnes ont ainsi découvert leur séropositivité.

Selon le centre fédéral, le nombre de personnes contaminées pourraient atteindre les deux millions d'ici 2019. Depuis que la Russie a enregistré sur son territoire le premier cas de VIH en 1987, 204 000 sont décédées de la maladie.

Le centre rappelle que 57 % des Russes infectés par le virus ont été contaminés par le biais d'une consommation de drogues, et que 20 % des usagers sont testés positifs au VIH.

De fait, la Russie détient une autre palme, peu réjouissante également : c'est le pays qui compte le plus haut taux d'injecteurs de drogues au monde - 1,8 million de personnes, selon une étude du Lancet parue en 2012.

Le président du Centre AIDS souhaite également alerter sur l'accès aux soins en Russie, alors que seuls 30 % des patients diagnostiqués VIH reçoivent actuellement le traitement antiretroviral dont leur organisme a besoin pour empêcher le virus de se multiplier.

Pour combattre ce fléau, Vadim Pokrovsky dit avoir besoin du double des crédits actuellement consentis par le Kremlin, qui s'élèvent à 625 000 euros. Au-delà du manque de ressources financières, les experts du sida critiquent la politique russe, accusée de faire le nid de cette épidémie. Parmi leurs griefs, ils dénoncent l'influence croissante de l'Eglise Orthodoxe opposée à l'utilisation des préservatifs ou encore l'absence de prévention et d'éducation sexuelle.

par Suzanne Tellier

>> Russia's AIDS epidemic is at a dangerous tipping point after the number of people registered HIV-positive passed the 1 million mark, the country's top AIDS specialist said on Thursday, warning the rate of infection had reached record levels.

Russia registered its millionth HIV-positive patient -- a 26-year-old woman in the south of the country -- on Wednesday, Vadim Pokrovsky, the head of the federal AIDS centre, told Reuters in a phone interview.

But he said the real number of HIV-positive Russians could be as high as 1.5 million, or 1 percent of the population, based on his and other expert estimates.

"The epidemic is gathering strength. Unfortunately the measures that have been taken have clearly not been enough," Pokrovsky said.

He warned that Russia was "on the threshold" of moving from a concentrated epidemic, where HIV is highly prevalent in one subset of the population, to a generalised epidemic, where HIV rates among the general population are sufficient for sexual networking to drive new infections.

"We're in a transitional phase," he said.

AIDS, which stands for Acquired Immune Deficiency Syndrome, is caused by the human immunodeficiency virus (HIV).

Pokrovsky said 204,000 people had died of HIV in Russia since the first case was recorded in 1987. He expected the number of new cases in 2015 to be at least 93,000, up from just under 90,000 in 2014.

That, he said, would be the largest number of new cases since Russia began keeping data almost 30 years ago.

The escalation comes as Russia struggles financially, beset by low oil prices, Western sanctions and a falling rouble.

It plans to spend 40 billion roubles ($475.20 million) on fighting HIV/AIDs in 2016. Pokrovsky said 100 billion roubles was needed.

Almost 20 percent of the country's drug users and nearly 10 percent of the country's gay people were HIV-positive, he said. More than 1 percent of the population in at least 10 regions had been recorded as having the virus for over a year.

"In separate regions we can say there is already a generalised HIV epidemic," he noted, saying 55-60 percent of cases were linked to drug use and around 40 percent to heterosexual sex. Gay sex accounted for only about 1.5 percent.

Government data shows 24,000 HIV-positive people died in 2014, the last full year for which data is available. Of those, around 12,000 died as a direct result of AIDS. Pokrovsky said the real number who died from AIDS was likely to be higher.

He said he expected data for 2015 to show a 5-10 percent increase in the number of deaths.