Perpignan "On a du mal à imaginer une lesbienne en minijupe"

Elle est jolie, féminine, drôle, décomplexée. Elle a été chanteuse en s’appelant Oshen, elle est devenue Océanerosemarie en écrivant le one women show qui aborde frontalement, sans faux-fuyant et avec beaucoup d’humour son homosexualité.

Est-ce une envie de théâtre où l’impossibilité d’aborder ce sujet en chanson qui vous a fait écrire ce spectacle ? C’est venu très naturellement. J’avais fait du théâtre très jeune mais ce ne fut pas une expérience très épanouissante car j’ai besoin de faire mes trucs à moi. Dans mon tour de chant je faisais beaucoup le clown, c’était les prémices du one man show. J’ai eu envie de séparer le côté intime et poétique de la chanson de la partie humour. J’ai réfléchi à ce que je pouvais dire au théâtre et le sujet de l’homosexualité s’est imposé, avec ses tabous, ses clichés, toutes ces questions que les amis osent vous poser en fin de soirée arrosée. Vous ne pouviez donc pas aborder ça en chanson ? On a tendance à penser qu’une chanson doit s’adresser à tout le monde, être universelle, assez neutre. Après coup je pense que c’était une erreur, car finalement les lesbiennes avaient bien compris ce qu’il y avait en filigrane dans mes textes. Je remonte actuellement un spectacle musical, un mélange de textes de femmes en alternance avec des chansons. Dans votre spectacle vous donnez une image très séduisante de la lesbienne ? Oui, c’est la lesbienne invisible. Les gens ont du mal à imaginer une lesbienne aimant mettre des minijupes, étant très féminine. Je parle de la lesbienne qu’on ne remarque pas, c’est de la séduction militante. Il n’y a aucune agressivité, pas de règlement de compte, j’ai juste envie de faire changer les mentalités. Finalement le spectacle est très hétéro. Mais je suis ainsi, c’est naturel. Que pensez-vous du débat sur le mariage homosexuel ? Le spectacle est intemporel, mais j’y rajoute des vannes tirées de l’actualité. Il y en a une sur le mariage, mais je ne vais pas y revenir. Je suis choquée par l’image que donne mon pays, je suis très en colère, ces manifestations me révoltent. Et que dire de la place donnée à la parole religieuse alors qu’il s’agit de mariage civil. Je n’ai vraiment pas envie d’en parler pendant le spectacle, je garde ma colère pour les manifs et les Tweets. Ce qui se passe est très violent. Mardi 4 décembre à 20 h 30 au palais des congrès. Boitaclous 04 68 34 07 48.

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