À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, la campagne parisienne s’est invitée dans la nuit queer. Organisée au Point Éphémère, « La soirée des Fiertés » a réuni militants associatifs, artistes et responsables politiques autour du candidat de l’union de la gauche à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire. Présenté comme un temps d’échanges à la fois politique et militant, l’événement a donné la parole à plusieurs associations LGBTQIA+ dans un contexte marqué par la hausse des violences et les débats croissants autour des questions de genre et d’orientation sexuelle.
Représentativité et discriminations intersectionnelles
Parmi les organisations intervenues figuraient notamment Acceptess-T, OUTrans, les Diviines, CHEMS Pause, Grey Pride, Inter-LGBT et ARDHIS. Les prises de parole ont d’abord insisté sur la question de la représentativité politique, plusieurs intervenant·es pointant la faible présence de personnes trans et de personnes LGBTQIA+ racisées sur les listes électorales et appelant à une prise en compte réelle des discriminations intersectionnelles dans la composition des équipes municipales.
Accès aux droits, santé et protection
Les associations ont également mis l’accent sur l’accès aux droits et la protection des personnes LGBTQIA+. Elles ont souligné la nécessité de simplifier les démarches administratives pour les personnes trans, d’améliorer l’accès aux soins, au logement et à l’emploi, de renforcer la sécurité des personnes trans et des travailleur·euses du sexe, et d’améliorer les conditions d’accueil des réfugié·es LGBTQIA+. La reconnaissance du chemsex comme enjeu de santé publique, avec une approche fondée sur la réduction des risques et la non-stigmatisation, a également été au cœur des discussions. Les associations ont insisté sur la nécessité de politiques concrètes et évaluables, au-delà des déclarations d’intention.
Doublement du budget et soutien au Centre d’Archives
Dans son dossier de presse publié le 22 février, Emmanuel Grégoire a annoncé un doublement du budget municipal dédié aux politiques LGBTQIA+, présenté comme un levier central pour renforcer la protection, la prévention et l’accompagnement. Il prévoit la création d’une mission municipale dédiée à la lutte contre les haines anti-LGBTQIA+, la simplification des démarches d’état civil et la déjudiciarisation de la rectification de la mention de genre, le maintien d’un accès effectif et inconditionnel aux soins, y compris via la défense de l’AME, l’amplification du plan municipal chemsex pour la période 2026–2029, le développement de lieux d’accueil pour les jeunes LGBTQIA+ et une politique renforcée en direction des seniors.
Le candidat s’engage également à soutenir l’ouverture du Centre d’Archives LGBTQIA+, dont l’inauguration est prévue au premier semestre 2027 dans un local de 600 m² attribué par la Ville, avec un financement municipal progressif pouvant atteindre 200 000 euros annuels à partir de 2028.
Une soirée entre fête et exigence politique
Ponctuée de performances drag et d’un DJ set, « La soirée des Fiertés » s’est voulue à la fois festive et revendicative. Les intervenant·es ont rappelé que la nuit queer demeure un espace de visibilité et de construction collective, mais aussi un lieu d’interpellation politique. À l’approche des municipales de 2026, les droits LGBTQIA+ s’imposent ainsi comme un enjeu structurant de la campagne parisienne, sous le regard attentif et exigeant d’un tissu associatif mobilisé.
Invitation aux partis Les partis politiques et candidats municipaux sont invités à faire connaître leurs engagements concrets en matière d’inclusion LGBTQIA+. Cette démarche permettra de compléter le suivi et de rendre visible les initiatives réellement mises en place au niveau local.















