Lynchage, condamnations et prison ferme pour les « homos » au Sénégal

Lynchage, condamnations et prison ferme pour les « homos » au Sénégal

« Scandale à Guédiawaye », titraient le mois dernier certains journaux sénégalais, parlant du « démantèlement d'un réseau d'homosexuels, qui opérait dans la Cité Aliou Sow ». Il s'agissait de 6 hommes, réunis chez un autre de leur ami, dans son appartement, pourtant bien à l'abri, ou sans doute trop, puisqu'ils n'auront pas manqué d'attiser l'attention du voisinage qui, « exaspéré par des tassous », ont alerté une « brigade ».

« Ils étaient en train de s’envoyer en l’air », détaille la source policière, qui explique, que le « chef du gang » est un tailleur de renom « qui ne manque de rien ». C'est la mère de l’un d’entre eux qui avait prévenu en fait la police.

Interpelés le 21 juillet, ils ont été condamnés ce 21 août 2015 à 6 mois de prison ferme pour « détention et usage de chanvre » et « acte contre nature ». Lors de l’audience de leur procès, devant le « tribunal des flagrant délits » de Dakar, le Procureur de la République a requis deux ans ferme.

« Oui, au Sénégal, pays où beaucoup aiment à passer leurs vacances... On y jette en prison les homosexuels ! »

« Cela devrait nous révolter, nous mettre en colère, cela devrait faire l'objet d'une réaction de la diplomatie française et européenne », réagissait sur le huffingtonpost , Maire adjoint (PS) du XIIe, militant associatif et président d’Elus Locaux Contre le Sida. « Cela devrait et cela ne fait rien. Tout le monde s'en fiche. »

Cette semaine, c'est un autre groupe de jeunes Dakarois qui s'est fait lyncher en pleine nuit par une « meute d'individus », avant d'être livrés nus à la « police ».

Ayant «constaté» la présence de résidents « homosexuels » dans l’un des appartements sis au rez-de-chaussée de leur immeuble et « prenant ce phénomène très au sérieux », des riverains « ont décidé de les déloger en utilisant la force ». Après avoir interpellé « un de ces hommes » qui venait pour « une chaude soirée entre homos », ils ont utilisé « son » téléphone pour en piéger un autre, en lui adressant « un SMS coquin » et l'inciter à sortir dans la rue. « Et ce fût le début de la bastonnade. »
Des jeunes sont intervenus «en masse avec leurs armes» et après avoir «bastonné les deux tourtereaux, ils ont défoncé la porte» pour découvrir « six autres personnes nues dans l'appartement », qu'ils ont également tabassées, « avant l'arrivée des forces de l'ordre. » Les « victimes » ont été placées en garde à vue.

Il y a quelques semaines, c'est un journaliste, Tamsir Jupiter Ndiaye, qui écopait d’une peine de six mois ferme pour « actes contre nature ». Il risquait, en vertu de l’article 319 alinéa 3 du code pénal, jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 2 500 dollars d’amende. La peine maximale pour homosexualité au Sénégal.
Un jugement « dont il ne se remettra probablement jamais » ont d'ailleurs souligné certains journaux locaux. Cet ancien chroniqueur de « Nouvel horizon » avait en effet déjà été condamné à deux ans d’emprisonnement en 2012 pour « actes d’homosexualité ». Il sera libéré en 2013 par effet de la grâce du ministère de la Justice.
Son procès avait d'ailleurs « beaucoup fait parler » et donné l'occasion aux conservateurs et religieux de réaffirmer ainsi leur opposition à une hypothétique dépénalisation de l’homosexualité.

« Alors mesdames et messieurs de l'Union européenne », pour conclure sur les mots de Jean-Luc Romero-Michel, « puisque l'Union Africaine, dirigée par Robert Mugabe, dictateur chez qui l'on constate une haine viscérale à l'encontre des LGBTI, ne réagira pas », que faisons-nous ?

Chasse aux homosexuels : assez !

Nous pouvons témoigner notre soutien en demandant au président sénégalais, M. Macky Sall, de décider une grâce pour ces 7 hommes condamnés, dont le seul crime est d’aimer une personne du même sexe ! Ensemble, nous pouvons faire changer les choses : ils ont besoin de nous ! De vous ! Quel meilleur signe cela pourrait être...

« Il est temps pour le Sénégal de faire preuve d'un réel volontarisme dans la mise en place d'une politique respectueuse des droits humains. Il est temps de mettre en place une politique de promotion de la tolérance, une politique d'éducation à la tolérance et au respect des différences. Il est temps pour l'Etat sénégalais de faire en sorte que chacun de ses citoyens aient les mêmes droits. »

@stop_homophobie

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