Londres promet « d'éradiquer la pratique abjecte » des thérapies de conversion, « plus répandue qu'on ne l'imaginait »

Londres promet « d'éradiquer la pratique abjecte » des thérapies de conversion, « plus répandue qu'on ne l'imaginait »

Le gouvernement britannique a dévoilé, mardi 3 juillet, un plan pour « améliorer la vie » des personnes LGBT, doté d'un budget de plus de 4,5 millions de livres (plus de 5 millions d'euros), élaboré à partir des résultats d'une enquête menée par le Bureau gouvernemental des égalités auprès de 108' 000 personnes se définissant comme « lesbienne, gay, bi ou trans », cibles de préjugés au quotidien.

« J'ai été frappée par le nombre de répondants ayant déclaré qu'ils ne pouvaient pas être sincères quant à leur orientation sexuelle (70%) ou tenir la main de leur partenaire en public (68%) par peur d'une réaction négative », a déclaré la Première ministre Theresa May dans un communiqué. « Personne ne devrait avoir à cacher son identité ou son amour pour quelqu'un. Nous pouvons être fiers des avancés dans le domaine, mais l'étude a mis en lumière de nombreuses lacunes. »

D'après l'enquête, 5% des membres de la population LGBT se sont vus proposer une thérapie de conversion (soins pseudo-psychologiques, interventions chirurgicales, « viol correctif »), que 2% ont suivi.

« Nous examinerons toutes les options, législatives ou non, pour les interdire », a ajouté sur The Independent Penny Mordaunt, secrétaire d'État aux Femmes et à l'Égalité, qualifiant ces pratiques d'abjectes, « contraires à l'éthique et potentiellement dangereuses ».

Selon l'étude, elles seraient conduites dans une majorité de cas (51%) par des groupes religieux, et, dans une moindre mesure, par des professionnels de santé ou un proche (respectivement 19% et 16% des cas).

Parmi les 75 propositions, la nomination d'un « conseiller national santé LGBT », pour réduire « les inégalités de santé » dont souffre la population LGBT et répondre à leurs « besoins spécifiques ».

De même, sur les douze derniers mois, 40% des interrogés ont subi une agression verbale ou physique, en raison de leur orientation sexuelle. Ces résultats « montrent qu'il reste beaucoup à faire pour parvenir à une égalité réelle », a souligné Ruth Hunt, directrice de l'ONG StoneWall.

L'exécutif souhaite ainsi « améliorer la formation des policiers » et mettre en place des programmes de lutte contre les comportements violents ou discriminatoires dans les établissements scolaires.

Une consultation devrait suivre, pour en outre réformer et compléter le « Gender Recognition Act », qui offre aux personnes trans une reconnaissance officielle du genre auquel elles s'identifient.